Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2026

Amendement n° II-CD192

Sandrine Rousseau EcoS · Article 49

En clair

Sandrine Rousseau a déposé cet amendement le 25 oct. 2025, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 ». Il a été rejeté en commission du développement durable et de l'aménagement du territoire le 28 oct. 2025.

Adoptés sur ce texte
49 sur 222amendements dont le sort est connu, en commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Infrastructures et services de transports0 €0 €
Affaires maritimes, pêche et aquaculture−400 000 €−400 000 €
Paysages, eau et biodiversité0 €0 €
Expertise, information géographique et météorologie0 €0 €
Prévention des risques0 €0 €
Énergie, climat et après-mines0 €0 €
Service public de l'énergie0 €0 €
Conduite et pilotage des politiques de l'écologie, du développement et de la mobilité durables0 €0 €
Fonds d'accélération de la transition écologique dans les territoires0 €0 €
Sûreté nucléaire et radioprotection0 €0 €
Ecologie – mise en extinction du plan de relance0 €0 €
Programme de recherche scientifique portant sur la réduction des souffrances des poissons dans le cadre de la pêche commerciale (création)+400 000 €+400 000 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Chaque année, entre 695 millions et 2,3 milliards de poissons sont tués sur les bateaux de pêche français. La science a établi la sensibilité des poissons, incluant leur capacité à souffrir. Or, le processus de pêche implique de multiples sources de souffrances. Les poissons se blessent au contact des hameçons ou des filets. Une fois empêtrés, ils peuvent s’épuiser en passant des heures à se débattre. Lors de la remontée, les poissons peuvent subir un choc dû au changement rapide de température et de pression qui endommage gravement leurs organes internes, et ils sont comprimés les uns sur les autres. Une fois à bord, ils sont exposés à l’air libre et parfois manipulés violemment avec des outils blessants tels que la gaffe – bâton muni de crochet que l’on plante dans la chair. Ils meurent le plus souvent des suites d’une très longue asphyxie, ou bien saignés ou éviscérés à vif sans étourdissement préalable.

Les bateaux de pêche ne sont soumis à aucune réglementation sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Ils ne sont donc soumis à aucun contrôle ni à aucune formation spécifique sur le sujet. Alors que des travaux de recherche scientifique, financés par l’État ou par le secteur privé, sont activement menés afin de perfectionner les méthodes d’abattage des animaux terrestres dans un souci de minimisation des souffrances animales, cela n’est pas le cas pour les animaux aquatiques dans le secteur de la pêche commerciale.

Par sa résolution du 1er novembre 2020, l’Assemblée nationale a officiellement demandé à la Commission européenne « d’intégrer, dans le règlement européen sur la politique commune de la pêche, des éléments relatifs au bien-être des poissons issus de la pêche commerciale, notamment la reconnaissance de la sensibilité des animaux pêchés, l’obligation d’éviter les souffrances évitables infligées aux animaux dans le cadre de la pêche, l’interdiction de l’utilisation d’animaux sensibles en tant qu’appâts vivants et des recommandations permettant de limiter la souffrance des animaux dans le cadre de la pêche ». 91 % des Français considèrent que le bien-être des poissons devrait être au moins autant protégé que celui des autres animaux d’élevage (Sapience, 2024).

Le développement des connaissances scientifiques et des technologies constitue un préalable essentiel à toute démarche de progrès. Cet amendement vise à financer la création d’un programme de recherche dédié à la réduction des souffrances des poissons dans la pêche commerciale. Ce programme permettra d’analyser les conditions de capture, de transport et de mise à mort afin d’élaborer des normes limitant la souffrance animale. Il encouragera également l’amélioration des matériels de pêche, la mise en place de protocoles pour les captures accidentelles et l’intégration des avancées scientifiques dans la formation des marins et aquaculteurs, afin de promouvoir des pratiques plus respectueuses du bien-être animal.

Disposant d’une des plus importantes flottes de pêche en Europe, et du deuxième espace maritime mondial, la France a une responsabilité toute particulière pour montrer la voie.

Afin de garantir la recevabilité financière des amendements, il est proposé les mouvements de crédits suivants :

- abonder de 400 000 euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement l’action 1 d’un nouveau programme créé “Programme de recherche scientifique portant sur la réduction des souffrances des poissons dans le cadre de la pêche commerciale”.

- minorer de 400 000 euros en autorisations d'engagement et en crédits de paiement l'action 07 "Pêche et aquaculture" du programme 205 "Affaires maritimes, pêche et aquaculture ".

Néanmoins, l’intention de cet amendement n’est cependant pas de réduire les moyens affectés à ce programme, les auteurs de cet amendement appelant le Gouvernement à lever le gage.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 37

Sandrine Rousseau EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 1906

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 6 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO419865B1906P2D1N000192
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B1906