Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CE173
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En clair
Julie Laernoes a déposé cet amendement le 15 oct. 2026, avec 35 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des affaires économiques.
- Adoptés sur ce texte
- 106 sur 347amendements dont le sort est connu, en commission des affaires économiques
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Infrastructures et services de transports | −710 000 000 € | −710 000 000 € |
| Mer, pêche et aquaculture | 0 € | 0 € |
| Paysages, eau et biodiversité | 0 € | 0 € |
| Expertise, information géographique et météorologie | 0 € | 0 € |
| Prévention des risques | 0 € | 0 € |
| Énergie, climat et après-mines | 0 € | 0 € |
| Service public de l'énergie | +710 000 000 € | +710 000 000 € |
| Conduite et pilotage des politiques de l'écologie, du développement et de la mobilité durables | 0 € | 0 € |
| Fonds d'accélération de la transition écologique dans les territoires | 0 € | 0 € |
| Sûreté nucléaire et radioprotection | 0 € | 0 € |
| Ecologie – mise en extinction du plan de relance | 0 € | 0 € |
| Forêt | 0 € | 0 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à renforcer de 710 millions d’euros les crédits du programme 345 « Service public de l’énergie », afin de rétablir le niveau de financement initialement évalué par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour le soutien à la production d’électricité photovoltaïque en 2027.
Le programme 345 constitue un instrument essentiel de la politique énergétique française. Il permet notamment de financer les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables, en compensant la différence entre les tarifs garantis aux producteurs et la valorisation de leur électricité sur les marchés.
Pourtant, alors même que notre pays doit accélérer massivement le développement des énergies renouvelables pour sortir de sa dépendance aux énergies fossiles, le Gouvernement prévoit une diminution de ce programme en 2027. Cette évolution concerne particulièrement le photovoltaïque. Dans sa délibération de juillet 2026, la CRE avait initialement évalué à 4,3 milliards d’euros les charges prévisionnelles de soutien à cette filière pour 2027. Le Gouvernement a toutefois revu cette prévision à la baisse de 710 millions d’euros, pour la ramener à 3,59 milliards d’euros, en invoquant la hausse des prix de gros de l’électricité observée depuis l’été.
Le groupe Écologiste et Social rappelle que le montant des charges de service public de l’énergie évolue mécaniquement en fonction des prix de marché. Lorsque les prix de gros augmentent, les compensations versées aux producteurs diminuent ; inversement, lorsque les prix baissent, les dépenses publiques de soutien augmentent. Une diminution de ces charges ne traduit donc pas nécessairement une réduction du soutien effectivement apporté aux producteurs.
Pour autant, une révision de 710 millions d’euros en quelques mois interroge sur les hypothèses retenues par le Gouvernement et sur la capacité du budget à faire face à la volatilité des prix de l’électricité. Dans un contexte international marqué par de fortes tensions géopolitiques et une instabilité persistante des marchés de l’énergie, rien ne garantit que les prix de gros resteront durablement aux niveaux anticipés par l’exécutif.
Cette situation rappelle également une réalité trop souvent occultée dans le débat public : les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables ne constituent pas une dépense publique fixe et incompressible. Leur coût évolue en fonction des prix de marché. Lorsque les prix s’envolent, les besoins de compensation diminuent, et certains contrats peuvent même générer des recettes pour l’État.
Les énergies renouvelables contribuent ainsi non seulement à notre souveraineté énergétique et à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, mais également à la maîtrise des coûts du système électrique et à la réduction de notre exposition aux fluctuations des marchés des énergies fossiles. Ces bénéfices économiques des énergies renouvelables ont d’ailleurs été récemment mis en évidence par la CRE dans son rapport sur l’économie du système électrique français hexagonal.
Le Gouvernement ne peut pas, d’un côté, invoquer la hausse des prix de marché pour réduire les crédits prévisionnels consacrés aux renouvelables et, de l’autre, multiplier les mesures de restriction et de remise en cause des dispositifs de soutien à ces mêmes filières. La transition énergétique a besoin de stabilité, de visibilité et d’une programmation ambitieuse des investissements.
Cet amendement propose donc de rétablir les 710 millions d’euros retranchés de l’évaluation initiale des charges photovoltaïques, afin d’interroger la robustesse et la prudence des hypothèses budgétaires retenues et de réaffirmer la nécessité d’un financement à la hauteur des ambitions de développement des énergies renouvelables.
Afin de gager cette augmentation dans le respect des règles prévues par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), l’amendement procède ainsi aux mouvements de crédits suivants :
– majorer de 710 000 000 euros les autorisations d’engagement et crédits de paiement de la sous-action 03 « Solaire photovoltaïque », de l’action 09 « Soutien aux énergies renouvelables électriques en métropole continentale » du programme 345 « Service public de l’énergie » ;
– minorer de 710 000 000 euros les autorisations d’engagement et crédits de paiement de l’action 30 « Infrastructure ferroviaire » du programme 203 « Infrastructures et services de transports ».
Naturellement, il ne s’agit pas de pénaliser le programme 203 mais uniquement de respecter les conditions de recevabilité financière. Il appartiendra donc au Gouvernement de lever le gage en cas d’adoption de l’amendement.
Son sort
Auteurs 36
- EcoS 35
Les 35 cosignataires
- EcoS Pouria Amirshahi
- EcoS Christine Arrighi
- EcoS Clémentine Autain
- EcoS Léa Balage El Mariky
- EcoS Lisa Belluco
- EcoS Karim Ben Cheikh
- EcoS Benoît Biteau
- EcoS Arnaud Bonnet
- EcoS Nicolas Bonnet
- EcoS Cyrielle Chatelain
- EcoS Alexis Corbière
- EcoS Hendrik Davi
- EcoS Emmanuel Duplessy
- EcoS Charles Fournier
- EcoS Marie-Charlotte Garin
- EcoS Damien Girard
- EcoS Steevy Gustave
- EcoS Catherine Hervieu
- EcoS Jérémie Iordanoff
- EcoS Tristan Lahais
- EcoS Benjamin Lucas-Lundy
- EcoS Julie Ozenne
- EcoS Sébastien Peytavie
- EcoS Marie Pochon
- EcoS Jean-Claude Raux
- EcoS Sandra Regol
- EcoS Jean-Louis Roumégas
- EcoS Sandrine Rousseau
- EcoS Eva Sas
- EcoS Sabrina Sebaihi
- EcoS Danielle Simonnet
- EcoS Sophie Taillé-Polian
- EcoS Boris Tavernier
- EcoS Nicolas Thierry
- EcoS Dominique Voynet
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO419610B3210P2D1N000173
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210