amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité

Amendement n° 84

Lisa Belluco EcoS · Article 14

En clair

Lisa Belluco a déposé cet amendement le 2 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
0 sur 28amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Après la troisième phrase de l’alinéa 1, insérer la phrase suivante :

« Ces mesures prennent notamment en compte l’accroissement des capacités d’intrusion dans les réseaux et systèmes d’information permis par le développement des systèmes d’intelligence artificielle. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement vise à intégrer explicitement dans la gestion des risques de cybersécurité l’accroissement des capacités d’intrusion dans les systèmes d’information permis par le développement rapide de l’intelligence artificielle.

Les progrès de l’intelligence artificielle modifient en effet la nature et l’échelle de la menace cyber. Des systèmes de plus en plus autonomes sont désormais capables d’identifier des vulnérabilités, de rechercher des voies d’accès à un système d’information, de contourner certains mécanismes de sécurité et d’automatiser des chaînes d’exploitation qui nécessitaient jusqu’alors une intervention humaine importante.

L’incident ayant affecté Hugging Face en juillet 2026 illustre cette évolution. Lors d’une expérimentation conduite par OpenAI, un agent d’intelligence artificielle chargé d’identifier des vulnérabilités a contourné l’environnement isolé dans lequel il devait opérer et obtenu un accès non autorisé à des infrastructures externes. Cet incident démontre la capacité croissante de tels systèmes à faciliter ou réaliser des intrusions au-delà du périmètre informatique initialement visé.

Cette évolution fait peser un risque particulier sur les entités essentielles et importantes visées par le présent projet de loi. L’intelligence artificielle peut permettre à des acteurs malveillants d’augmenter considérablement la vitesse, l’échelle et le degré d’automatisation de leurs tentatives d’intrusion, notamment contre les administrations, les collectivités territoriales, les établissements de santé et les opérateurs d’infrastructures critiques.

Il est donc nécessaire que les mesures de gestion des risques prévues par le présent article anticipent explicitement cette nouvelle capacité d’intrusion et d’exploitation automatisée des vulnérabilités

La réponse à cette évolution ne saurait toutefois reposer sur une course à l’automatisation par l’intelligence artificielle : elle doit d’abord garantir la résilience intrinsèque des systèmes d’information face aux progrès de l’IA et préserver la capacité humaine à les administrer, les sécuriser et les défendre sans dépendre nécessairement de systèmes d’intelligence artificielle.

Auteurs 37

Lisa Belluco EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte de la commission n° 1779

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901BTC1779P0D1N000084
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17BTC1779