amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 2870

Catherine Hervieu EcoS · Après l'article 44

En clair

Catherine Hervieu a déposé cet amendement le 17 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Le second alinéa de l’article 17 de la loi n° 2023‑270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 est complété par trois alinéas ainsi rédigés :

« Le fonds pour la prévention de l’usure professionnel est doté d’un comité de pilotage comprenant, outre les représentants de l’État et de l’assurance maladie, des représentants des organisations syndicales de salariés représentatives dans les établissements mentionnés au présent article ainsi que des représentants des employeurs. Ce comité est consulté sur les orientations annuelles du fonds, sur les critères d’attribution des financements et sur le bilan de son exécution.

« Dans l’exercice de ses missions, le fonds prend en compte l’impact différencié de l’exposition aux facteurs de risques professionnels en fonction du sexe des professionnels concernés.

« Un rapport annuel présentant l’emploi des crédits par région et par catégorie d’établissement, les actions financées et leurs effets évalués sur la sinistralité et sur les inaptitudes, ainsi que la trajectoire prévisionnelle de dotation du fonds pour les cinq années suivantes, est transmis au Parlement au plus tard lors du dépôt du projet de loi de financement de la sécurité sociale de l’année. » »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à sécuriser la trajectoire et démocratiser la gouvernance du fonds de prévention de l'usure professionnelle dans les établissements de santé et médico-sociaux.

La loi de financement rectificative de la sécurité sociale du 14 avril 2023 a créé, auprès de l'assurance maladie, un fonds de prévention de l'usure professionnelle destiné aux professionnels des établissements de santé et des établissements médico-sociaux. Sa création répondait à un constat partagé : ces métiers exposent à des facteurs de risques ergonomiques — manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations — qui avaient été exclus du compte professionnel de prévention en 2017, et à une usure psychique que les dispositifs existants ne couvrent pas.

La portée de cet outil est limitée par une absence de trajectoire. Une dotation reconduite d'année en année au gré des arbitrages budgétaires ne permet ni aux établissements de s'engager dans des démarches de prévention pluriannuelles, ni aux professionnels d'anticiper. La prévention de l'usure est par nature un investissement de long terme : elle suppose de repenser des organisations, d'acquérir des équipements, de former, d'accompagner des reconversions. Rendre publique une trajectoire sur cinq ans, et obtenir du Gouvernement l'engagement d'un plancher de dotation, est la condition élémentaire de son efficacité.

Le PLFSS 2027 rend cette sécurisation urgente : l'ONDAM y est limité à +2,0 % pour une évolution tendancielle de 3,4 %, 0,9 milliard d'euros d'économies sont demandés aux établissements sanitaires et médico-sociaux au titre de l'efficience, et les dotations au FMIS et au FISS reculent de 0,2 milliard d'euros. Dans un tel cadre, un fonds sans trajectoire devient la première variable d'ajustement, alors même que les dépenses d'indemnités journalières AT-MP progressent de 10,6 % (article 45).

Un fonds destiné à améliorer les conditions de travail ne peut être piloté sans celles et ceux qui exercent ce travail. Aujourd’hui, les représentants des salarié·es ne participent pas au pilotage de ce fonds. Les organisations syndicales disposent, par leurs élus dans les établissements, d'une connaissance des situations réelles de travail que ne remplace aucun indicateur national ; c'est une condition d'efficacité.

Les secteurs sanitaire et médico-social sont très majoritairement féminins, et le code du travail impose déjà d'intégrer l'impact différencié de l'exposition au risque en fonction du sexe dans le document unique d'évaluation des risques professionnels. Il serait incohérent qu'un fonds public de prévention se dispense d’une approche différenciée selon le sexe.

À ce jour, le Parlement ne dispose d'aucune vision consolidée de l'emploi de ces crédits ni de leurs effets afin d’en évaluer la pertinence. L’évaluation de l’efficacité de ce fonds de prévention est nécessaire dans un contexte budgétaire contraint.

Cet amendement a été travaillé avec la CFDT Santé-Sociaux.

Auteurs 37

Catherine Hervieu EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002870
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211