amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 2861
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En clair
Catherine Hervieu a déposé cet amendement le 17 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
Après l’article L. 1431‑3-1 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1431‑3-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 1431‑3-1. – I. – Il est institué un observatoire de la financiarisation de l’offre de soins et d’accompagnement, placé auprès du ministre chargé de la santé.
« II. – L’observatoire recense les opérations d’acquisition, de concentration et de restructuration capitalistique portant sur les établissements et services mentionnés à l’article L. 6111‑1 du présent code et à l’article L. 312‑1 du code de l’action sociale et des familles. Il analyse la structure de détention du capital, les flux financiers intra-groupe, les montages immobiliers et le niveau d’endettement des opérateurs. Il évalue les effets de ces opérations sur l’accès aux soins, sur la qualité des prises en charge, sur l’emploi et sur les conditions de travail.
« III. – L’observatoire comprend des représentants de l’État, de l’assurance maladie, des collectivités territoriales, des organisations syndicales de salariés représentatives dans les champs concernés, des employeurs, des usagers et des personnalités qualifiées. Les administrations, les autorités de tarification et les organismes de sécurité sociale lui communiquent les données nécessaires à l’accomplissement de ses missions.
« IV. – Il remet chaque année, avant le 15 septembre, un rapport public au Parlement et au Gouvernement.
« V. – Un décret en Conseil d’État précise sa composition et ses modalités de fonctionnement. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à créer un observatoire de la financiarisation de l'offre de soins et d'accompagnement.
Depuis cinq ans, toutes les révélations sur la financiarisation du secteur sont venues de journalistes, d'organisations syndicales ou d'organisations non gouvernementales. Aucune n'est venue de l'administration.
Ce constat mérite d'être posé sans détour. Le livre-enquête de Victor Castanet sur les EHPAD, les rapports du CICTAR commandés par notre Fédération sur ORPEA en 2022 puis sur Ramsay Santé en 2025, les travaux de la presse d'investigation : voilà les sources qui ont alerté le pays. L'État, qui finance très majoritairement ce secteur, en a découvert les dérives par les médias. Ce n'est pas un problème d'information : c'est un problème d'instrument.
Aujourd'hui encore, aucune institution publique ne suit de manière continue qui détient l'offre de soins et d'accompagnement en France. Les données existent, dispersées entre les autorités de tarification, l'assurance maladie, les greffes des tribunaux de commerce et l'administration fiscale, mais personne n'a pour mission de les rapprocher. Chaque alerte suppose donc de reconstituer de zéro, et le plus souvent de l'étranger, ce que la puissance publique pourrait établir en interne.
Le coût de cette carence est double. Politiquement, elle condamne le législateur à réagir après le scandale plutôt qu'à prévenir. Budgétairement, elle prive le Parlement de toute capacité à mesurer ce que la financiarisation coûte réellement à l'assurance maladie, au moment même où il lui est demandé de voter 5,1 milliards d'euros d'économies.
L'observatoire proposé ici ne crée pas une administration nouvelle : il donne une mission de rapprochement de données à une instance légère, associant l'État, l'assurance maladie, les organisations syndicales, les employeurs et les usagers. Sa composition n'est pas accessoire. Les organisations syndicales disposent, par leurs élu·es dans les établissements, d'une connaissance des situations réelles que ne remplace aucun indicateur national — ce sont elles qui ont donné l'alerte les premières.
Un État qui finance un secteur et en découvre les dérives par la presse ne manque pas de données. Il manque de volonté de les regarder.
Cet amendement a été travaillé avec la CFDT Santé-Sociaux.
Auteurs 37
- EcoS 36
Les 36 cosignataires
- EcoS Pouria Amirshahi
- EcoS Christine Arrighi
- EcoS Clémentine Autain
- EcoS Léa Balage El Mariky
- EcoS Lisa Belluco
- EcoS Karim Ben Cheikh
- EcoS Benoît Biteau
- EcoS Arnaud Bonnet
- EcoS Nicolas Bonnet
- EcoS Cyrielle Chatelain
- EcoS Alexis Corbière
- EcoS Hendrik Davi
- EcoS Emmanuel Duplessy
- EcoS Charles Fournier
- EcoS Marie-Charlotte Garin
- EcoS Damien Girard
- EcoS Steevy Gustave
- EcoS Jérémie Iordanoff
- EcoS Julie Laernoes
- EcoS Tristan Lahais
- EcoS Benjamin Lucas-Lundy
- EcoS Julie Ozenne
- EcoS Sébastien Peytavie
- EcoS Marie Pochon
- EcoS Jean-Claude Raux
- EcoS Sandra Regol
- EcoS Jean-Louis Roumégas
- EcoS Sandrine Rousseau
- EcoS François Ruffin
- EcoS Eva Sas
- EcoS Sabrina Sebaihi
- EcoS Danielle Simonnet
- EcoS Sophie Taillé-Polian
- EcoS Boris Tavernier
- EcoS Nicolas Thierry
- EcoS Dominique Voynet
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002861
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211