amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 2752

Sébastien Peytavie EcoS · Après l'article 29

En clair

Sébastien Peytavie a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Après l’article L. 1151‑1 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1151‑1‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 1151‑1‑1. – Le professionnel de santé réalisant la pose d’une bandelette sous-urétrale ou d’un implant de renfort pelvien qui ne remet pas au patient la carte d’implant prévue à prévue à l’article 18 du règlement (UE) 2017/745 du 5 avril 2017, ou ne signale pas sans délai les incidents graves au sens du paragraphe 65 de l’article 2 du règlement (UE) 2017/745 du 5 avril 2017, ou contrevient aux obligations en matière de concertation pluridisciplinaire et d’information de la patiente prévues par l’arrêté mentionné à l’article L. 1151‑1 du code de la santé publique est sanctionné à hauteur de 0,1 % de son chiffre d’affaires ou de celui l’établissement de santé dans lequel il exerce. Le produit de la pénalité est affecté à la Caisse nationale de l’assurance maladie. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement vise à sanctionner le non-respect des obligations par les médecins en matière d’information de la patiente et de matériovigilance en cas de pose d’implants vaginaux.
Développés à partir de la fin des années 1990, ces dispositifs, sous la forme de bandelettes sous urétrales ou d’implants de renfort pelvien, ont été présentés comme des solutions rapides et efficaces aux troubles urinaires ou aux descentes d’organes. Leur utilisation a, cependant, donné lieu à des milliers de cas de complications graves en France et dans le monde, dénoncés par les « Implant Files » en 2018.

Ces dispositifs, incrustés dans la chair et constitués de polypropylène, peuvent se rétracter jusqu’à 30%, et cisaillé les organes, provoquant des douleurs chroniques atroces chez de nombreuses femmes, détruisant leur vie professionnelle, sociale et intime, les condamnant pour beaucoup à des années d’errance médicale, faute de solutions viables pour retirer ces implants en toute sécurité. Plusieurs arrêtés publiés ces dernières années ont tenté d’offrir une réponse à la détresse de ces patientes en déterminant un cadre pour la pose et le retrait des implants.

Les implants vaginaux ne doivent ainsi être utilisés qu’en dernière intention, après examen des alternatives moins invasives.
Les patientes doivent être informées des complications éventuelles et, en cas de pose, doivent recevoir une carte de suivi de l’implant. Pourtant des associations de patientes constatent que ces obligations ne sont pas toujours respectées par des professionnels de santé. Des femmes rapportent ainsi ne pas avoir été informées de l’existence d’alternatives non chirurgicales, des complications
potentiellement graves liées aux implants. La remise de la carte d’identification de l’implant, pourtant obligatoire, ne serait elle-même pas systématique.

Au regard de la gravité des complications, ayant poussé certaines à envisager le suicide, et compte tenu des difficultés de la profession à prendre conscience de la nécessité que le consentement de la patiente doit être pleinement éclairé au regard de l’existence d’alternatives et du bénéfice-risque associé à ces implants, le présent amendement vise à sanctionner le non-respect par un professionnel de santé des normes en matière d’information et du recueil de consentement de la patiente.

Auteurs 37

Sébastien Peytavie EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002752
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211