amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-2916

Boris Tavernier EcoS · Après l'article 42

En clair

Boris Tavernier a déposé cet amendement le 10 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – L’article L. 6241‑1 du code du travail est ainsi modifié :

1° La seconde phrase du second alinéa du I est supprimée ;

2° Le 4° du III de l’article L. 6241‑1 du code du travail est ainsi rétabli :

« 4° Les associations, fondations, fonds de dotation ; »

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe Écologiste et Social a pour objet de rétablir l’exonération de taxe d’apprentissage dont bénéficiaient les associations, les fondations et les fonds de dotation avant la loi de finances pour 2026.

La taxe d’apprentissage est assise sur la masse salariale brute. Elle frappe donc d’autant plus durement les structures dont l’activité repose sur l’emploi plutôt que sur le capital, ce qui est par construction le cas des organismes sans but lucratif. Ces derniers la cumulent avec la taxe sur les salaires, dont ils sont redevables précisément parce qu’ils ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée. Plus une association emploie, plus elle est taxée. La suppression de cette exonération par la loi de finances pour 2026 est intervenue sans concertation préalable avec le secteur et sans évaluation de ses effets. Elle représente, selon l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, 379 millions d’euros de charges supplémentaires pour les associations et les fondations.

Cette charge nouvelle s’abat sur un tissu déjà très fragilisé. 30 % des associations employeuses disposent de moins de trois mois de trésorerie et 70 % déclarent des fonds propres fragiles ou nuls. Plus d’une association employeuse sur deux (58 %) a vu ses financements publics diminuer entre 2024 et 2025, et pour une sur cinq cette baisse a dépassé 20 %. Près de 40 % réduisent déjà leur masse salariale et près d’une sur quatre a diminué ses activités en 2025 (Mouvement associatif, étude sur la santé financière des associations, octobre 2025).

Le rétablissement de cette exonération ne crée aucun avantage nouveau : il restaure un équilibre qui prévalait jusqu’en 2026 et reconnaît que des structures qui ne distribuent pas de bénéfices et qui exercent des missions d’intérêt général ne se trouvent pas dans la situation d’entreprises concurrentielles. Il vise les trois formes juridiques du secteur philanthropique, associations, fondations et fonds de dotation, afin qu’aucune ne soit traitée différemment selon son statut. Cet amendement a été travaillé avec le Centre français des Fonds et Fondations, la Mutualité Française, le Mouvement associatif, France générosités et l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire.

Auteurs 37

Boris Tavernier EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N002916
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210