Adopté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-916

Frédéric Maillot GDR · Après l'article 15

En clair

Frédéric Maillot a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, avec 16 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été adopté en séance publique le 2 nov. 2026.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Le deuxième alinéa du a du 1 du I de l’article 244 quater X du code général des impôts est complété par les mots : « ainsi que, dans les établissements visés aux I et II de l’article L. 313‑12 du code de l’action sociale et des familles, des prestations de nature médicale. »

II. – Le I ne s’applique qu’aux sommes venant en déduction de l’impôt dû.

III. – La perte de recettes pour l’État résultant du I est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

La Réunion est confrontée à un vieillissement rapide et particulièrement marqué de sa population, qui impose d’anticiper dès aujourd’hui les besoins en structures d’accueil et d’accompagnement des personnes âgées.
Cette urgence démographique est déjà une réalité.
En 2026, 149 570 Réunionnais sont âgés de 65 ans ou plus, soit 16 % de la population du département, contre seulement 8 % en 2006. Les personnes âgées de 75 ans ou plus représentent désormais 7 % de la population. En 2023, La Réunion comptait déjà 95 403 personnes âgées de 65 à 79 ans et 26 892 personnes âgées de 80 ans ou plus.
Cette évolution va s’accélérer dans les prochaines décennies. Selon les projections de l’Insee, 289 000 Réunionnais seraient âgés de 60 ans ou plus en 2050, dont 138 000 âgés de 75 ans ou plus. Le nombre de seniors en perte d’autonomie atteindrait alors 65 100 personnes, soit trois fois plus qu’en 2015.
Or La Réunion part d’une situation particulièrement fragile en matière d’accueil institutionnel des personnes âgées. L’Insee estimait à seulement 1,2 le nombre de places pour 100 seniors, contre 4,6 en métropole. La capacité d’accueil est donc déjà insuffisante alors même que la population âgée est appelée à augmenter très fortement.
Cette situation crée un enjeu majeur de justice sociale et territoriale. Dans un département marqué par un niveau de pauvreté élevé, le développement d’une offre d’EHPAD accessible aux personnes âgées aux revenus modestes constitue une nécessité.
Le crédit d’impôt prévu à l’article 244 quater X du code général des impôts permet aux organismes de logement social de bénéficier, sous conditions, d’un soutien fiscal pour la création de logements sociaux dans les départements d’outre-mer.
Le dispositif prévoit déjà la possibilité de créer des logements-foyers spécialement adaptés à l’hébergement de personnes âgées de plus de 65 ans ou de personnes handicapées. Toutefois, l’interprétation actuelle du dispositif limite les prestations pouvant être proposées à des prestations de nature hôtelière et exclut les prestations de nature médicale.
Cette exclusion conduit, en pratique, à écarter du bénéfice du crédit d’impôt les EHPAD sociaux, alors même que ces établissements répondent à un besoin croissant de la population ultramarine et, tout particulièrement, de la population réunionnaise.
Le présent amendement vise donc à permettre aux organismes de logement social de mobiliser le crédit d’impôt prévu à l’article 244 quater X pour la création d’EHPAD à vocation sociale, en autorisant explicitement les prestations de nature médicale dans les établissements visés à l’article L. 313-12 du code de l’action sociale et des familles.
À La Réunion, cette évolution est particulièrement urgente : elle permettrait de développer une offre d’hébergement adaptée au vieillissement de la population, tout en favorisant l’accès à des établissements médicalisés pour des personnes âgées qui ne disposent pas nécessairement des ressources permettant de supporter le coût d’une offre privée.
Cette mesure ne vise donc pas à créer un avantage fiscal général en faveur des établissements privés : elle vise à mobiliser l’outil du logement social au service du vieillissement de la population réunionnaise.
Elle permettrait aux organismes HLM et aux acteurs du logement social de contribuer davantage à la réponse apportée au défi du grand âge, en particulier pour les personnes âgées modestes.
Alors que la population âgée de 75 ans ou plus doit plus que tripler entre 2018 et 2050 selon les projections de l’Insee, et que le nombre de seniors en perte d’autonomie pourrait atteindre 65 100 personnes, il est nécessaire d’anticiper dès maintenant les capacités d’accueil de demain.
Le présent amendement propose ainsi de lever un verrou fiscal qui empêche aujourd’hui de mobiliser pleinement le crédit d’impôt logement social en faveur des EHPAD sociaux, afin de répondre à l’urgence démographique et sociale qui se profile à La Réunion et, plus largement, dans les territoires ultramarins.

Son sort

Examen
En séance publique
Sort décidé le
Les 3 amendements identiques, discutés avec lui

Auteurs 17

Frédéric Maillot GDR

Les 16 cosignataires

Scrutin public

  1. Adopté L'amendement n° 916 de M. Maillot et l'amendement identique suivant après l'article 15 18 pour · 13 contre · 9 abstentions

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N000916
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210