Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2026

Amendement n° I-2585

Marie Pochon EcoS · Après l'article 2

En clair

Marie Pochon a déposé cet amendement le 22 oct. 2025, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 ». Il a été rejeté en séance publique le 25 oct. 2025.

Adoptés sur ce texte
558 sur 4 011amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Le A du VI de l’article 200 quindecies du code général des impôts est complété par une phrase ainsi rédigée : « Ce taux est porté à 40 % pour les contribuables, les groupements ou les sociétés d’épargne forestière qui prennent l’engagement, à compter du 1er janvier 2026, de gérer leur forêt en maintenant son couvert continu. »

II. – Le I ne s’applique qu’aux sommes venant en déduction de l’impôt dû.

III. – La perte de recettes résultant pour l’État du paragraphe précédent est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement vise à renforcer le crédit d’impôt pour les travaux forestiers en faveur des propriétaires qui s’engagent dans une sylviculture plus durable.

Le dispositif d’encouragement fiscal à l’investissement (DEFI Forêt) constitue l’un des principaux leviers fiscaux de la politique forestière. Il regroupe plusieurs mesures de réduction ou de crédit d’impôt destinées à favoriser l’investissement et la gestion durable des forêts privées.

Parmi ces mesures, le DEFI Travaux permet de soutenir la réalisation de travaux sylvicoles. Le crédit d’impôt est aujourd’hui fixé à 25 % des dépenses éligibles pour l’ensemble des propriétaires, sous réserve de l’application d’un document de gestion durable, et dans la limite de 6 250 € pour une personne seule et 12 500 € pour un couple. Le coût total du DEFI Travaux s’élevait à 2,35 millions d’euros en 2018.

Cependant, dans sa forme actuelle, le dispositif n’encourage pas spécifiquement les pratiques sylvicoles favorables à la biodiversité, au maintien du puits de carbone et à la protection des sols, comme la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC).

Afin d’y remédier, il est proposé d’introduire un bonus environnemental portant le taux du crédit d’impôt à 40 % (au lieu de 25 %) pour les travaux de gestion conformes aux principes de la SMCC, tels que les éclaircies d’amélioration, les plantations d’enrichissement ou encore l’ouverture et l’entretien de cloisonnements. Le coût de ces travaux peut atteindre jusqu’à 2 500 € par hectare[1], soit un crédit d’impôt maximal de 1 000 € par hectare.

Cette bonification permettrait de concilier l’objectif de massification de la mise en gestion des forêts avec celui de promotion d’une sylviculture plus durable.

Afin de limiter les effets d’aubaine et de maîtriser l’impact budgétaire, le dispositif serait, dans un premier temps, réservé aux petits propriétaires, définis par un revenu fiscal de référence maximal. La liste des travaux éligibles serait précisée par décret.

Ces critères de ciblage permettent de garantir que la surface effectivement concernée restera modérée, estimée au maximum à environ 5000 hectares, soit un coût annuel maximal de l’ordre de 5 millions d’euros. Soit un total d’environ 7,4 M€, si l’on additionne les crédits non-bonifiés actuellement dépensés sur cette ligne. Cette estimation est cohérente avec les capacités actuelles des gestionnaires forestiers et pourrait évoluer progressivement au fur et à mesure du déploiement de la mesure.

Le surcoût estimé de 5 millions d’euros pour l’État pourrait être compensé par une réduction équivalente des crédits actuellement alloués aux propriétaires privés dans le cadre du plan de renouvellement forestier 2026. Cette réaffectation permettrait de recentrer le plan sur deux priorités : les plantations dans les forêts sinistrées et l’investissement dans les forêts publiques, qui ne bénéficient pas du crédit d’impôt.

Par ailleurs, le choix d’un crédit d’impôt répond à un objectif de simplification administrative. Il est plus simple à mobiliser qu’un dossier de subvention et réduit la charge d’instruction et de contrôle pour l’administration.

Cet amendement a été travaillé avec Canopée.

Son sort

Examen
En séance publique
Sort décidé le

Auteurs 37

Marie Pochon EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 1906

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 6 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B1906P1D1N002585
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B1906