amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CF359
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En clair
Dominique Potier a déposé cet amendement le 15 oct. 2026, avec 18 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il est tombé en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 22 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Compétitivité et durabilité de l'agriculture et de l'agroalimentaire | −50 000 000 € | −50 000 000 € |
| Sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation | +50 000 000 € | +50 000 000 € |
| Conduite et pilotage des politiques de l'agriculture | 0 € | 0 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement vise à lutter contre la précarité alimentaire en garantissant les crédits nécessaires au maintien du financement des Projets Alimentaires Territoriaux (PAT).
Les projets alimentaires territoriaux (PAT) constituent aujourd’hui un levier essentiel de la transition alimentaire sur les territoires. Depuis leur création en 2014, leur déploiement s’est fortement accéléré : de 41 projets reconnus en 2020, on en compte aujourd’hui près de 448, qui couvrent 81 % de la population. Ces dynamiques territoriales fédèrent les collectivités, les acteurs économiques, sociaux, agricoles et citoyens pour relocaliser des systèmes alimentaires résilients, accompagner la transition agroécologique et renforcer la justice sociale, afin de garantir l’accès de toutes et tous à une alimentation de qualité, dans la perspective du droit à l’alimentation. La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) 2025-2030, publiée le 11 février 2026, affirme le renforcement de « l’autonomie des systèmes alimentaires, et l’ancrage territorial de l’alimentation, notamment en associant des collectivités territoriales et en s’appuyant sur les projets alimentaires territoriaux ».
Pourtant, les PAT subissent un effet de ciseaux : alors que les PAT labellisés ont été multipliés par quatre entre 2021 et 2025, les financements ont été divisés par huit, passant de 80 à 10 millions d’euros en crédits de paiement. Le projet de loi de finances pour 2027 aggrave cette situation. Les PAT sont financés par l’action 09 « Planification écologique – Stratégie de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires » du programme 206, qui ne comporte aucune autorisation d’engagement en 2027, contre 24,6 millions d’euros en 2026. Pour les PAT, le projet annuel de performances ne prévoit que 986 488 euros de crédits de paiement, au seul titre des restes à payer sur les engagements de 2025. En 2026, seuls 14 PAT émergents ont été soutenus via l’appel à projets de la SNANC. 24 % des PAT arrivent à échéance et pourraient renoncer à la labellisation faute de perspectives de financement.
Cette absence de nouveaux engagements contredit l’ambition affichée par le projet annuel de performances lui-même. L’indicateur de l’objectif 1.2 « Promotion de l’ancrage territorial de l’alimentation » mesure désormais la part de la surface agricole utilisée couverte par des PAT reconnus de niveau 2, avec une cible de 100 %. Pour l’atteindre, il faut financer les PAT qui passent en phase opérationnelle, ce que les crédits 2025 et 2026 ont permis de faire : approvisionnement de la restauration collective en produits locaux et durables, rapprochement de l’offre de production et des consommateurs, lutte contre la précarité et le gaspillage alimentaires, ceintures maraîchères.
Au regard du contexte budgétaire contraint, il est proposé d’allouer 50 millions d’euros au financement des actions des PAT opérationnels (niveau 2). C est nécessaire pour éviter que l ne s’essouffle prématurément, pour répondre au renforcement des critères de passage en niveau 2 et aux attentes de la SNANC. Ces crédits doivent être consolidés dans le budget de l’État pour assurer, dans la durée, un véritable pilotage territorial des politiques alimentaires, en cohérence avec la SNANC et la planification écologique.
Pour être recevable, cet amendement modifie les crédits (en AE et CP) de la manière suivante :
• l’action 09 « Planification écologique – Stratégie de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires » du programme 206 « Sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation » est abondée de 50 000 000 euros ;
• les crédits de l’action 25 « Protection sociale » du programme 149 « Compétitivité et durabilité de l’agriculture et de l’agroalimentaire » sont diminués de 50 000 000 euros.
Nous proposons ce transfert de crédits pour respecter les règles de l’article 40, mais nous ne souhaitons pas réduire les crédits du programme 149 et proposons que le Gouvernement lève le gage.
Cet amendement a été travaillé avec le Réseau Civam, et est soutenu par le Secours Catholique, Action contre la Faim, l’UGESS, VRAC, Terres en villes et le Réseau Action Climat.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 19
- SOC 18
Les 18 cosignataires
- SOC Sophie Pantel
- SOC Marc Pena
- SOC Valérie Rossi
- SOC Béatrice Bellay
- SOC Joël Aviragnet
- SOC Chantal Jourdan
- SOC Hervé Saulignac
- SOC Océane Godard
- SOC Karim Benbrahim
- SOC Christine Pirès Beaune
- SOC Fabrice Barusseau
- SOC Pierre Pribetich
- SOC Martine Froger
- SOC Philippe Naillet
- SOC Fanny Dombre Coste
- SOC Iñaki Echaniz
- SOC Guillaume Garot
- SOC Thierry Sother
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000359
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210