Adopté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CF390
L'amendement sur le site de l'Assemblée (nouvel onglet)Les autres amendements de ce texte →
En clair
Céline Thiébault-Martinez a déposé cet amendement le 15 oct. 2026, avec 8 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été adopté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 21 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Inclusion sociale et protection des personnes | −100 000 000 € | −100 000 000 € |
| Handicap et dépendance | 0 € | 0 € |
| Égalité entre les femmes et les hommes | +100 000 000 € | +100 000 000 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à abonder de 100 millions d’euros les crédits destinés aux associations féministes et médico-sociales pour l’année 2027, afin de garantir la pérennité de leurs actions et de renforcer les moyens consacrés à la lutte contre les violences faites aux femmes. Dans un contexte de recul des droits des femmes à travers le monde, le financement de ces associations doit être sanctuarisé et renforcé.
L’adoption de la proposition de loi n° 3106 apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants a une nouvelle fois démontré le rôle fondamental de ces associations. Elles ont porté cette proposition de loi, contribué à son élaboration et formulé 140 recommandations qui ont nourri les dispositions proposées. Mais leur engagement ne se limite pas à leur contribution au débat législatif : chaque jour, elles accueillent les victimes, les écoutent, les accompagnent, les orientent vers les dispositifs adaptés et les aident à se reconstruire. Elles assurent ainsi des missions essentielles d’intérêt général, indispensables à l’effectivité des politiques publiques de lutte contre les violences.
Présentes sur l’ensemble du territoire, ces associations constituent un maillon essentiel de la protection des femmes et des enfants victimes de violences. Elles assurent notamment l’accès aux droits, l’accompagnement médico-social et juridique, la prévention, la sensibilisation ainsi que la mise en œuvre de dispositifs d’accompagnement liés aux procédures judiciaires. Pourtant, leur situation financière s’est fortement dégradée depuis le début de l’année 2025. La non-compensation initiale de la prime Ségur, les baisses de subventions, les retards de versement et les non-renouvellements de financements ont fragilisé leur modèle économique et menacent directement la continuité de leurs missions.
Selon une étude de la Fondation des Femmes, 71 % des associations constatent une dégradation de leur situation financière, avec une perte estimée à 6,7 millions d’euros, correspondant à une baisse de 15 % des subventions. Les conséquences sont déjà concrètes : les actions de prévention et de sensibilisation figurent parmi les premières activités sacrifiées, alors même qu’elles sont indispensables pour faire reculer les violences et mieux les prévenir. Plus alarmant encore, 30 % des structures ont dû fermer des permanences, notamment dans les territoires ruraux et ultramarins, où l’accès aux dispositifs de protection est souvent plus difficile. Suppressions de postes, fermetures d’antennes et disparition de services d’accompagnement aggravent encore cette situation. Derrière ces restrictions budgétaires, ce sont des milliers de femmes et d’enfants qui risquent de se retrouver privées d’écoute, d’orientation et de protection. La fragilisation de ces structures peut ainsi avoir des conséquences directes sur la sécurité et la vie des victimes.
Les financements publics consacrés à la lutte contre les violences sexuelles doivent être à la hauteur des besoins. Ils devraient atteindre au moins 344 millions d’euros, et jusqu’à 2,6 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’ensemble des victimes recensées, selon les estimations avancées. Renforcer les crédits alloués aux associations spécialisées constitue une condition indispensable pour leur permettre d’assurer durablement leurs missions. Ce soutien doit notamment s’inscrire dans des conventions pluriannuelles de financement, afin de leur offrir la visibilité et la stabilité nécessaires pour maintenir leurs équipes, développer leurs actions et garantir la continuité de dispositifs essentiels aux femmes et des enfants victimes de violences.
Le présent amendement propose ainsi d’abonder de 100 millions d’euros le programme 137 « Égalité entre les femmes et les hommes », afin de renforcer les moyens des associations féministes et médico-sociales.
Afin de respecter les exigences de l’article 40 de la Constitution, cette somme est prélevée à due concurrence sur l’action 11 « Prime d’activité et autres dispositifs » du programme 304 « Inclusion sociale et protection des personnes ». Les députés auteurs du présent amendement demandent toutefois au Gouvernement de lever ce gage, afin que le renforcement des moyens consacrés à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants ne se fasse pas au détriment d’autres politiques publiques.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 9
- SOC 8
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000390
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210