Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF388

Céline Thiébault-Martinez SOC · Article 58

En clair

Céline Thiébault-Martinez a déposé cet amendement le 15 oct. 2026, avec 8 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 23 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Hébergement, parcours vers le logement et insertion des personnes vulnérables+234 263 832 €+234 263 832 €
Aide à l'accès au logement0 €0 €
Urbanisme, territoires et amélioration de l'habitat−234 263 832 €−234 263 832 €
Impulsion et coordination de la politique d'aménagement du territoire0 €0 €
Politique de la ville0 €0 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement vise à créer 13 530 places d’hébergement spécialisées supplémentaires pour les femmes victimes de violences et leurs enfants co-victimes. Il s’inscrit dans la même ambition que la proposition de loi n° 3106 apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants, adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 13 octobre 2026 : construire une politique publique globale, cohérente et durable à ces violences.

En France, plus de 120 000 femmes sont sans domicile fixe et 270 000 subissent des violences conjugales chaque année. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Pourtant, seules 11 000 places d’hébergement sont aujourd’hui spécifiquement dédiées aux femmes victimes de violences, soit à peine 5,4 % des 203 000 places du dispositif national d’hébergement.

Face à cette insuffisance, les associations se voient contraintes de financer elles-mêmes, souvent à l’aide de fonds privés, des nuitées hôtelières d’urgence pour mettre les femmes à l’abri. Ce dispositif, mis en place de manière exceptionnelle pendant la crise sanitaire, a dû être pérennisé face à la demande toujours plus forte : plus de 8 500 demandes d’hébergement d’urgence sont enregistrées chaque jour, dont près d’un tiers émanent de femmes. En trois ans, la demande d’hébergement spécialisé a augmenté de 49 %.

L’étude d’impact publiée en juin 2024 par la Fondation des Femmes dans le cadre de son projet « Elles déménagent » dresse un constat alarmant : les femmes victimes de violences rencontrent de nombreux obstacles pour quitter leur domicile et se mettre en sécurité – dépendance économique, peur des représailles, isolement social, obstacles administratifs ou liés aux enfants. Selon cette étude, 90 % de ces femmes vivaient encore avec leur agresseur, et 36 % étaient hébergées dans un logement dont il était seul propriétaire ou locataire. Par ailleurs, 4 femmes victimes sur 10 ne se voient proposer aucune solution d’hébergement lorsqu’elles en font la demande, faute de places disponibles.Malgré le doublement du nombre de places spécialisées au cours de ces dernières années, l’offre reste très insuffisante. Les associations spécialisées estiment aujourd’hui que les 11 000 places existantes ne permettent pas de répondre aux besoins.

La Fondation des Femmes demande la mise à disposition d’au moins 13 530 places supplémentaires, en non-mixité, offrant un accompagnement spécialisé, assuré par des professionnel·le·s formé·e·s au sein d’associations engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Ces lieux doivent être sécurisés, accessibles, inclusifs et permettre une véritable reconstruction des femmes, ainsi que de leurs enfants co-victimes. Elle demande un mix de 70 % – 30 % entre des places en hébergement regroupé spécialisé (estimé à 19 892 €/an/place) et en logement accompagné (estimé à 11 300 €/an/place). Ces montants incluaient l’accompagnement spécialisé estimé alors à hauteur de 4 000 euros par femme.

Afin d’assurer la recevabilité financière du présent amendement, il est proposé de majorer, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, de 234 263 832 euros les crédits de l’action 12 du programme 177 « Hébergement et logement adapté », par minoration à due concurrence des crédits de l’action 04 du programme 135 « Réglementation, politique technique et qualité de la construction ». Dans les faits, cette réduction des crédits n’est aucunement souhaitée. Il reviendra donc au Gouvernement de procéder à l’abondement de crédits qui s’impose.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 9

Céline Thiébault-Martinez SOC

Les 8 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000388
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210