Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CF105
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En clair
Sandrine Runel a déposé cet amendement le 14 oct. 2026, avec 8 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 21 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Prévention, sécurité sanitaire et offre de soins | +1 000 000 000 € | +1 000 000 000 € |
| Protection maladie | −1 000 000 000 € | −1 000 000 000 € |
| Reversement à la sécurité sociale des recettes de la Facilité pour la Relance et la Résilience (FRR) européenne au titre du volet « Ségur investissement » du plan national de relance et de résilience (PNRR) | 0 € | 0 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à financer l’extension du bénéfice de la Complémentaire santé solidaire (C2S) gratuite, sans condition de ressources, à l’ensemble des jeunes âgés de 18 à 25 ans inclus.
En 2024, selon l'INSEE, 18,6 % des 18-29 ans vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 15,4 % de l’ensemble de la population. Cette précarité fragilise l’accès aux soins des jeunes, pour lesquels les dépenses de santé entrent souvent en concurrence avec les dépenses essentielles du quotidien. Selon la DREES, en 2023, le reste à charge après remboursement par l’Assurance maladie obligatoire atteignait en moyenne 369 euros par an chez les 21-30 ans, soit 25 % de leurs dépenses de santé, contre 20 % pour l’ensemble de la population.
Cette précarité se traduit directement dans l’accès aux soins. Selon l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), près d’un quart des étudiants ont renoncé à des soins ou à des examens médicaux pour des raisons financières, une proportion qui atteint 60 % parmi les étudiants les plus précaires.
Les difficultés financières se conjuguent à une couverture complémentaire moins fréquente chez les jeunes. Alors que 96 % de l’ensemble de la population dispose d’une complémentaire santé, cette proportion n’atteint que 92 % chez les étudiants et tombe à 85 % chez les jeunes chômeurs (Source : Observatoire national de la vie étudiant).
En outre, leur situation en matière de santé, notamment sur le plan psychologique, s’est dégradée ces dernières années, dans un contexte marqué notamment par les effets de la crise sanitaire liée à la Covid-19. La détresse psychologique des étudiants est passée de 20 % en 2016 à 24 % en 2024 (Source : Santé publique France).
La généralisation de la Complémentaire santé solidaire gratuite à l’ensemble des jeunes de 18 à 25 ans permettrait ainsi de réduire les ruptures de couverture, prévenir le non-recours et lever un obstacle financier à l’accès aux soins. Elle constitue, plus largement, un investissement dans la prévention : garantir l’accès aux soins au début de l’âge adulte, c’est permettre une prise en charge plus précoce des difficultés de santé et limiter les conséquences sanitaires et sociales de renoncements répétés aux soins.
Le coût de cette mesure est estimé à environ 1 milliard d’euros par an.
Pour des raisons de recevabilité financière au titre de l’article 40 de la Constitution, il est proposé de majorer de 1 milliard d’euros les autorisations d’engagement et les crédits de paiement de laction n°12 "Santé des populations" du programme 204 « Prévention, sécurité sanitaire et offre de soins », et de minorer à due concurrence les autorisations d’engagement et les crédits de paiement de l’action n° 02 « Aide médicale d'Etat » du programme 183 « Protection maladie ».
Cette diminution n’est pas souhaitée en tant que telle.
Il est donc demandé au Gouvernement de lever le gage.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 9
- SOC 8
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000105
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210