Réponse publiée

question écrite

Communication de la Marine

Aurélien Saintoul LFI-NFP · Assemblée nationale · 17e législature · n° 17265

Ministère interrogé
Armées et anciens combattants
Rubrique
Défense

En clair

Question écrite d'Aurélien Saintoul, publiée au Journal officiel le 28 juil. 2026. Réponse publiée le 27 oct. 2026, 91 jours plus tard.

Délai de réponse
91 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. Aurélien Saintoul interroge Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur les conditions ayant conduit à la publication, puis au retrait, de plusieurs affiches de recrutement datant de l'époque coloniale sur les réseaux sociaux de la Marine nationale. Début juin 2026, plusieurs affiches historiques diffusées sur les comptes de recrutement de la Marine nationale ont suscité à raison une vive polémique. Parmi elles figurait notamment une affiche de 1942 invitant à s'engager « pour garder l'empire que tes ancêtres ont fondé », ainsi que d'autres visuels appelant à défendre « l'héritage impérial ». Face aux réactions suscitées par ces publications, la Marine nationale a reconnu une « erreur », regretté un manque de contextualisation et procédé au retrait des contenus concernés. Cette affaire soulève plusieurs interrogations. D'une part, ces publications ont été validées et diffusées sur des comptes institutionnels relevant du ministère des armées. D'autre part, ce n'est pas la première fois que des contenus historiques problématiques sont relayés par des organismes placés sous l'autorité du ministère sans qu'un travail suffisant de contextualisation ne soit effectué. En 2025, c'est par exemple le cas dans la communication du 3e RPIMa sur X en disant « la vraie jeunesse de France est bien là » avec des tenues « para bruno ». En 2019, la présence dans un centre d'information et de recrutement des forces armées (CIRFA) de Saint-Denis d'une affiche invitant à « s'engager dans les troupes coloniales » avait déjà suscité des interrogations. À l'époque, les responsables du recrutement avaient assumé ce choix, affirmant qu'il constituait une simple référence historique et allant jusqu'à déclarer qu'il était « une fierté d'avoir eu des troupes coloniales ». En juin 2026, c'est carrément la promotion d'affiche coloniale de l'époque. Il souhaite donc savoir quelle chaîne de validation a conduit à la publication de ces affiches. Il lui demande également si une enquête interne a été diligentée afin d'établir les responsabilités dans le processus décisionnel ayant conduit à leur diffusion et de s'assurer que de tels faits ne puissent se reproduire. Enfin, il souhaite connaître les mesures qu'elle entend mettre en œuvre pour prévenir le renouvellement de telles situations, notamment en matière de contrôle éditorial des publications diffusées sur les réseaux sociaux institutionnels et de formation des services de communication à la prise en compte des enjeux mémoriels.

La réponse

Le 31 mai 2026, le compte « la marine recrute », administré par le service de recrutement de la marine (SRM), a publié une affiche historique de recrutement datant de 1942. Cette publication s'inscrivait dans une série hebdomadaire lancée le 25 janvier 2026 à l'occasion des 400 ans de la marine nationale. Les affiches, mises à disposition par le service historique de la défense et le musée national de la marine, avaient pour objectif de retracer l'évolution des supports de recrutement et de leur communication au fil des époques. Cette rétrospective poursuivait ainsi une finalité exclusivement historique et pédagogique, destinée à illustrer l'évolution des visuels institutionnels. Toutefois, certaines publications ne comportant pas une contextualisation historique suffisante ont été retirées dès le 1er juin 2026. A la suite des faits, un réexamen approfondi des procédures internes applicables à la production et à la validation des contenus diffusés sur les plateformes numériques a été diligenté. Un audit interne a été conduit afin d'analyser le processus décisionnel ayant mené à la publication de ces affiches, d'en identifier les responsabilités et de vérifier la prise en compte des enjeux historiques et mémoriels dans les procédures de validation. Les enseignements tirés de cet audit ont permis de renforcer les dispositifs de contrôle et de supervision des publications. Le SRM a ainsi consolidé son processus de validation éditoriale sur l'ensemble de ses canaux de communication. Des points de validation hebdomadaires ont été instaurés afin d'assurer un examen collégial des contenus sensibles avant leur diffusion. La veille exercée sur les différents comptes institutionnels a également été renforcée, permettant une détection plus rapide des éventuelles difficultés et, le cas échéant, une réaction immédiate. Enfin, il a été décidé de ne plus recourir à des références historiques directes dans les campagnes de recrutement de la marine nationale. La communication sera désormais exclusivement centrée sur la présentation de ses quatre-vingts métiers, de ses missions opérationnelles et des parcours professionnels proposés, dans le respect des principes de neutralité, de cohérence et d'exemplarité. Au niveau ministériel, la veille est assurée par la délégation à l'information et à la communication de la défense (DICoD), qui anime et coordonne la communauté des community managers. La DICoD peut solliciter les cellules numériques des différents services d'information et de relations publiques des armées pour toute modération ou correction. Par ailleurs, un échange d'informations et de bonnes pratiques, ainsi que des alertes régulières sur les points de vigilance, sont transmis aux différentes cellules de communication numérique, en fonction de l'actualité ministérielle. L'ensemble de ces mesures vise à renforcer durablement la fiabilité des procédures de validation et de garantir une communication institutionnelle conforme aux exigences de rigueur, de responsabilité et de prise en compte des enjeux mémoriels.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE17265
Ministère interrogé (source)
PO873656