amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi relatif à la protection des enfants
Amendement n° 7
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En clair
Sébastien Huyghe a déposé cet amendement le 8 juil. 2026, avec 41 cosignataires, sur le texte « Projet de loi relatif à la protection des enfants ». Il est tombé en séance publique le 16 juil. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 164 sur 1 220amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – L’article 2226 du code civil est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsque l’action publique est imprescriptible en application du dernier alinéa de l’article 7 du code de procédure pénale, l’action civile en réparation du dommage causé par ces infractions est également imprescriptible. L’action publique s’éteint au décès du responsable du dommage causé par ces infractions. »
II. – L’article 7 du code de procédure pénale est ainsi modifié :
1° À la fin de l’avant-dernier alinéa, les mots : « , lorsqu’ils sont commis sur des mineurs, se prescrit par trente années révolues à compter de la majorité de ces derniers ; toutefois, s’il s’agit d’un viol, en cas de commission sur un autre mineur par la même personne, avant l’expiration de ce délai, d’un nouveau viol, d’une agression sexuelle ou d’une atteinte sexuelle, le délai de prescription de ce viol est prolongé, le cas échéant, jusqu’à la date de prescription de la nouvelle infraction » sont remplacés par les mots :« à l’exception des crimes de viol, lorsqu’ils sont commis sur des mineurs, se prescrit par trente années révolues à compter de la majorité de ces derniers ».
2° Après le même avant-dernier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« L’action publique des crimes mentionnés au 3° de l’article 706‑47 du présent code, lorsqu’ils sont commis sur un mineur, est imprescriptible. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement vise à rendre imprescriptibles les crimes de viol sur mineurs.
La prescription de l’action publique peut faire obstacle à la poursuite et à la condamnation du criminel ou du délinquant sexuel sur mineur. Les crimes de viols et délits d’atteintes sexuelles commises contre les mineurs font l’objet d’un régime de prescription particulier, prévu par les articles 7, 8 et 9-1 du code de procédure pénale. L’un des principes de ce système spécifique est que le point de départ de la prescription est différé à la majorité de la victime.
Les délais de prescription ont été progressivement rallongés pour les crimes et délits liés à la pédophilie. La loi du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité a porté la durée du délai de prescription, pour les crimes ou les délits assimilés aux crimes, de dix à vingt ans, et pour les autres délits, de trois à dix ans. La loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale a plus récemment uniformisé cette prescription à vingt ans.
Cependant, cette législation ne prend pas en compte une réalité bien connue des professionnels, lesquels admettent que la victime peut ne recouvrir le souvenir des actes subis qu’à 35, 40 ou 50 ans, parfois bien au-delà du délai de prescription. La sortie du déni survient souvent lors d’événements importants de la vie : mariage, divorce, deuil, naissance d’un enfant ou à la suite d’un travail thérapeutique de plusieurs années.
Rien ne permet de prédire à quel âge la victime sortira du déni ou, tout simplement, trouvera la force de se livrer. C’est pourquoi le délai de prescription doit permettre aux victimes de porter plainte le plus longtemps possible.
Allonger le délai de prescription peut également constituer un outil de prévention contre la récidive. Si une victime n’a pas la force de porter plainte pour elle-même, elle peut en effet vouloir protéger d’autres enfants en danger, voire ses propres enfants.
Son sort
- Examen
- En séance publique
- Sort décidé le
Auteurs 42
Les 41 cosignataires
- EPR Violette Spillebout
- EPR Pauline Cestrières
- EPR Catherine Ibled
- EPR Joséphine Missoffe
- EPR Patricia Lemoine
- EPR Laure Miller
- EPR Sylvain Maillard
- EPR Bertrand Sorre
- EPR Julie Delpech
- EPR Prisca Thevenot
- EPR Ludovic Mendes
- EPR Stéphane Buchou
- EPR Brigitte Klinkert
- EPR Liliana Tanguy
- EPR Sophie Panonacle
- EPR Jean-Luc Fugit
- EPR Paul Midy
- EPR Nathalie Coggia
- EPR Olivia Grégoire
- EPR Christine Le Nabour
- DR Alix Fruchon
- HOR Philippe Fait
- EPR Moerani Frébault
- DR Thibault Bazin
- EPR Anthony Brosse
- LIOT Nicole Sanquer
- HOR Félicie Gérard
- Dem Sabine Gervais
- LIOT Jean-Pierre Bataille
- EPR Jean-François Rousset
- HOR Benoît Blanchard
- EPR Christophe Marion
- HOR Bertrand Bouyx
- DR Cendrine Chazé
- DR Ian Boucard
- EPR Olivier Becht
- EPR Anne-Sophie Ronceret
- HOR Thomas Lam
- DR Patrick Hetzel
- DR Jérôme End
- Dem Didier Padey
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte de la commission n° 3018
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901BTC3018P0D1N000007
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17BTC3018