Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Fin de vie
Amendement n° 885
L'amendement sur le site de l'Assemblée (nouvel onglet)Les autres amendements de ce texte →
En clair
Philippe Ballard a déposé cet amendement le 11 févr. 2026, avec 38 cosignataires, sur le texte « Fin de vie ». Il a été rejeté en séance publique le 19 févr. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 37 sur 2 146amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – À l’alinéa 8, substituer à la première occurrence du mot :
« soit »,
les mots :
« à la fois ».
II. – En conséquence, au même alinéa 8, substituer aux mots :
« , soit insupportable selon »,
les mots :
« et insupportable pour ».
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
L’alinéa 8 de l’article 4 prévoit que la souffrance puisse être soit réfractaire aux traitements, soit jugée insupportable par la personne. Une telle alternative abaisse considérablement le seuil d’accès à l’aide à mourir et introduit un critère excessivement subjectif.
La conjonction « et » permet de rétablir un cadre plus rigoureux et plus protecteur, proportionné à la gravité irréversible de l’acte envisagé. Il apparaît en effet indispensable que la souffrance soit à la fois objectivement réfractaire aux traitements disponibles et subjectivement vécue comme insupportable par la personne concernée.
Une souffrance perçue comme insupportable peut, à un moment donné, être liée à une détresse psychologique, à l’angoisse, à l’isolement ou à un défaut de prise en charge, sans être médicalement irréversible. À l’inverse, une souffrance médicalement réfractaire n’est pas nécessairement invivable pour la personne. Exiger la réunion de ces deux conditions est donc une exigence minimale de prudence.
En l’état, la rédaction actuelle ouvre l’accès à l’aide à mourir à des situations très hétérogènes, fondées sur une appréciation exclusivement personnelle de la souffrance, sans garantie suffisante contre les décisions prises dans un contexte de vulnérabilité ou de pression, explicite ou implicite.
Le droit comparé montre que le critère de souffrance « insupportable » est particulièrement difficile à encadrer, car profondément subjectif. Plusieurs États ont d’ailleurs renoncé à l’utiliser seul, précisément en raison des risques de dérives et d’élargissement progressif du dispositif.
En exigeant que la souffrance soit cumulativement réfractaire aux traitements et jugée insupportable par la personne, le présent amendement renforce la sécurité juridique, la protection des personnes vulnérables et la cohérence du dispositif, sans remettre en cause l’intention affichée d’un encadrement strict de l’aide à mourir.
Son sort
- Examen
- En séance publique
- Sort décidé le
Auteurs 39
Les 38 cosignataires
- RN Christophe Bentz
- RN Jonathan Gery
- RN Hélène Laporte
- RN Antoine Villedieu
- RN David Magnier
- RN Claire Marais-Beuil
- RN Pascale Bordes
- RN José Gonzalez
- RN Eddy Casterman
- RN Thibaut Monnier
- RN Anne Sicard
- RN Bénédicte Auzanot
- RN Jérôme Buisson
- RN Florence Joubert
- RN Hervé de Lépinau
- RN Julien Rancoule
- RN Michèle Martinez
- RN Marie-France Lorho
- RN Sophie Blanc
- RN Nadine Lechon
- RN René Lioret
- RN Stéphane Rambaud
- UDR Vincent Trébuchet
- RN Angélique Ranc
- UDR Sophie Ricourt Vaginay
- RN Auguste Evrard
- RN Florence Goulet
- RN Pierre Meurin
- RN Julien Limongi
- UDR Gérault Verny
- UDR Alexandre Allegret-Pilot
- RN Lisette Pollet
- RN Frédéric-Pierre Vos
- RN Caroline Colombier
- RN Christian Girard
- RN Yaël Ménaché
- RN Frank Giletti
- RN Antoine Golliot
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 2e lecture
- Texte amendé
- Texte de la commission n° 2453
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 6 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901BTC2453P0D1N000885
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PIONANR5L17BTC2453