amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 2137

François Cormier-Bouligeon EPR · Après l'article 31

En clair

François Cormier-Bouligeon a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 2 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant les modalités de répartition, entre les établissements de santé, de la dotation populationnelle qui finance les activités de psychiatrie, et en particulier le recours par les agences régionales de santé au simulateur élaboré par l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale et l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation. Ce rapport évalue notamment :

1° La prise en compte du volume de patients effectivement suivis par chaque établissement ;

2° La situation des établissements qui sont les seuls à assurer la prise en charge psychiatrique sur leur territoire, en particulier en zone rurale ;

3° La pondération appliquée aux différentes classes d’âge de la population, notamment aux mineurs et aux personnes âgées, au regard de l’évolution des besoins en santé mentale ;

4° Les évolutions possibles de ce modèle de répartition afin de mieux tenir compte du service effectivement rendu à la population.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Depuis la réforme du financement de la psychiatrie, la dotation populationnelle représente environ 85 % des ressources des établissements autorisés en psychiatrie. Pour la répartir entre les établissements, les agences régionales de santé s’appuient très largement sur un simulateur élaboré par l’ANAP et l’ATIH. Cet outil d’aide à la décision est aujourd’hui utilisé comme s’il calculait le « juste budget » de chaque établissement, alors qu’il présente des insuffisances structurelles.

D’abord, le simulateur ne tient pas compte du volume de patients réellement pris en charge. Il valorise chaque commune selon son nombre d’habitants, puis attribue des points aux établissements selon leur part dans la prise en charge des patients de cette commune. Un établissement qui suit seul l’ensemble des patients d’un territoire reçoit le même financement, qu’il en suive dix ou dix mille. L’outil n’incite donc pas à répondre à des besoins en santé mentale qui ne cessent pourtant d’augmenter.

Ensuite, il pénalise les établissements publics de santé mentale ruraux. Ces établissements maintiennent des centres médico-psychologiques, déploient des équipes mobiles sur de longues distances et compensent la faiblesse de l’offre libérale. Les contraintes de la ruralité (dispersion de la population, déplacements, faible densité médicale, absence d’alternative) sont mal prises en compte. Dans le Cher, le centre hospitalier George Sand prend en charge 16 000 patients sur un territoire de 320 000 habitants, quand le CHRU de Tours en suit 8 000 sur une aire de 529 000 habitants. Les simulations conduisent pourtant à envisager des transferts de 17 à 22 millions d’euros au détriment de l’établissement du Cher, au profit de territoires plus denses et mieux dotés en offre libérale.

Enfin, le modèle survalorise la population des mineurs au détriment des personnes âgées. La pédopsychiatrie doit bien sûr être soutenue. Mais les besoins en psychiatrie de la personne âgée progressent fortement avec le vieillissement de la population, et le taux de suicide augmente avec l’âge pour atteindre ses niveaux les plus élevés chez les personnes âgées. La psychiatrie de la personne âgée, qui ne constitue qu’une option du diplôme d’études spécialisées de psychiatrie, reste pourtant peu reconnue et peu choisie. Un modèle de financement qui la sous-pondère compromet l’avenir de cette discipline.

Le présent amendement demande donc au Gouvernement d’évaluer les modalités de répartition de la dotation populationnelle en psychiatrie et l’usage qui est fait du simulateur ANAP-ATIH, afin de construire un modèle qui tienne compte du service réellement rendu à la population.

Auteurs 3

François Cormier-Bouligeon EPR

Les 2 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002137
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211