amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 407
L'amendement sur le site de l'Assemblée (nouvel onglet)Les autres amendements de ce texte →
En clair
Josiane Corneloup a déposé cet amendement le 14 oct. 2026, avec 8 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
Le dernier alinéa du I de l’article L. 5125‑4 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Après le mot : « activité », sont insérés les mots : « ou a été transférée ou regroupée hors de cette commune » ;
2° Après le mot : « voie », sont insérés les mots : « de création, ».
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Lorsque la dernière pharmacie d’une commune de moins de 2 500 habitants ferme, le code de la santé publique n’en autorise la réouverture que par voie de transfert ou de regroupement, c’est-à-dire uniquement si un pharmacien déjà installé ailleurs accepte d’y déplacer son officine. Un pharmacien qui souhaiterait réaliser sa première installation dans cette commune ne le peut pas. Et lorsque la pharmacie a quitté la commune par transfert ou regroupement, aucune réouverture n’est même possible.
Cette situation heurte le principe d’égal accès aux soins. L’article L. 1411-11 du code de la santé publique range « la dispensation et l’administration des médicaments, produits et dispositifs médicaux, ainsi que le conseil pharmaceutique » parmi les soins de premier recours, dont l’accès doit être organisé « dans le respect des exigences de proximité, qui s’apprécie en termes de distance et de temps de parcours, de qualité et de sécurité ». Dans des territoires dont la population est plus âgée que la moyenne nationale, où le maintien à domicile est encouragé et où les transports collectifs sont rares, voire inexistants, la fermeture de la pharmacie compromet l’accès même aux traitements.
Au-delà de l’enjeu sanitaire, c’est l’attractivité de nos communes rurales qui est en jeu. Avec le café, la poste ou l’épicerie, la pharmacie fait partie des services qui maintiennent la population et font vivre tout un bassin de vie : elle dessert bien souvent les habitants des villages voisins, qui en sont dépourvus. Nombre de petites communes, aux budgets modestes, ont réalisé des investissements importants dans une maison de santé pluriprofessionnelle pour attirer ou fidéliser des médecins ; sans pharmacie à proximité, ces efforts sont fragilisés. C’est pourquoi le droit doit s’attacher à la population réellement desservie à l’échelle du bassin de population, et non au seul nombre d’habitants de la commune.
La disparition des pharmacies rurales pèse directement sur l’accès aux soins de la population, avec un risque de moindre observance des traitements, un risque de non-recours aux soins et un risque de sortir du circuit de soins. Concernant les dépenses de l’Assurance maladie, le renoncement aux soins augmente les dépenses futures. Maintenir un maillage officinal de proximité contribue ainsi à la maîtrise des dépenses de santé.
L’absence d’une pharmacie de proximité peut rendre l’accès aux médicaments et aux conseils pharmaceutiques particulièrement difficile, voire impossible pour certains patients, notamment les personnes âgées, isolées ou dépourvues de moyens de transport. Cette situation est susceptible d’entraîner des retards dans la prise des traitements, une moindre observance thérapeutique et, dans certains cas, un renoncement aux soins. Ces difficultés peuvent conduire à une aggravation des pathologies, à des complications évitables et à des hospitalisations supplémentaires, générant des dépenses accrues pour l’Assurance maladie. En facilitant la réouverture d’une officine dans les communes rurales qui en sont dépourvues, le présent amendement vise ainsi non seulement à garantir un accès effectif aux médicaments, mais également à prévenir les ruptures de parcours de soins et les surcoûts qui peuvent en résulter pour notre système de santé.
Le présent amendement lève ces deux verrous. Il permet, lorsque la dernière officine d’une commune a fermé ou l’a quittée, d’y autoriser l’ouverture d’une nouvelle officine par voie de création, sous le contrôle du directeur général de l’agence régionale de santé et dans le respect des conditions de desserte prévues par le droit en vigueur. Cette mesure figurait dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 et avait été retenue par le Parlement. Elle fait par ailleurs l’objet d’une proposition de loi de l’auteure du présent amendement, visant à maintenir les pharmacies existantes dans les communes rurales.
Auteurs 9
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N000407
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211