Adopté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2026

Amendement n° I-2282

Loïc Kervran HOR · Article 36

En clair

Loïc Kervran a déposé cet amendement le 22 oct. 2025, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 ». Il a été adopté en séance publique le 21 nov. 2025.

Adoptés sur ce texte
558 sur 4 011amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Substituer aux alinéas 36 à 38 l’alinéa suivant :

« XII. – Le III de l’article L. 6241‑1 du code du travail est rétabli dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2025‑127 du 14 février 2025 de finances pour 2025. »

II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« XIV. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

La loi de finances pour 2025 a supprimé, sans concertation, l’exonération de taxe d’apprentissage dont bénéficiaient les mutuelles relevant du Code de la mutualité.

Le présent projet de loi de finances pour 2026 poursuit cette logique de suppression d’exonération au détriment de l’ensemble des acteurs de l’ESS. Sont ainsi visées les associations, fondations, fonds de dotation, congrégations, syndicats à activités non lucratives mentionnés au 1 bis de l’article 206 du code général des impôts et aux 5°, 5° bis et 11° de l’article 207 du même code.

Ces mesures, décorrélées dans le temps, participent d’une dynamique délétère de fragilisation de ces acteurs, à rebours des besoins de ces structures et de l’intérêt de leurs bénéficiaires finaux. Cette dynamique purement comptable et de courte vue, met en péril la continuité de l’offre de soins,

d’accueil et d’accompagnement sur l’ensemble du territoire national.

Acteurs de l’ESS, les organismes mutualistes, associatifs et fondatifs gèrent en effet des

établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux essentiels à l’accès aux soins et à la cohésion

sociale. Ils œuvrent au quotidien au plus proche des populations fragiles et de l’ensemble des assurés

sociaux, sans discrimination. Dans un contexte de baisse de financements, de précarité croissante, de

dégradation des conditions et d’augmentation des besoins, elles représentent une des réponses à la

crise démocratique que nous traversons.

La suppression de cette exonération entraîne une hausse mécanique de plus de 15 M€ des charges

pour les seuls organismes mutualistes, et aurait un impact global de 239 M€ pour l’ensemble du

secteur de l’ESS. Cette mesure touche déjà directement les 3 000 établissements gérés par le

mouvement mutualiste et impactera en cas d’adoption, plusieurs milliers de structures associatives

demain.

En alignant les acteurs de l’ESS sur le régime fiscal du secteur lucratif, la mesure accélère de fait la

financiarisation du secteur sanitaire et médico-social en cours de développement et compromet sa

mission au service de l’intérêt général.

Le présent amendement vise donc à rétablir l’exonération de taxe d’apprentissage pour les acteurs de

l’ESS, afin de préserver la viabilité économique de ces acteurs et d’assurer la continuité des services

rendus à la population.

L'ESS est particulièrement importante dans les territoires ruraux pour la provision de services importants autour notamment de la petite enfance ou du grand âge.

Cet amendement a été travaillé avec la Mutualité française.

Son sort

Examen
En séance publique
Sort décidé le
Les 2 amendements identiques, discutés avec lui

Auteur

Loïc Kervran HOR

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 1906

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B1906P1D1N002282
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B1906