Tombé

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF556

Violette Spillebout EPR · Article 58

En clair

Violette Spillebout a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 9 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il est tombé en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 29 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Enseignement scolaire public du premier degré0 €0 €
Enseignement scolaire public du second degré0 €0 €
Vie de l'élève+150 000 000 €+150 000 000 €
Enseignement privé du premier et du second degrés−150 000 000 €−150 000 000 €
Conduite et soutien des politiques de l’enseignement, de la recherche, de la jeunesse, de la vie associative et des sports0 €0 €
Enseignement technique agricole0 €0 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement vise à flécher 150 000 000 euros en AE et en CP du programme « Enseignement privé du premier et du second degrés », action n° 09 « Fonctionnement des établissements », vers le programme 230 « Vie de l’élève », action n° 02 « Santé scolaire ».

Par cet amendement, nous proposons la mise en œuvre d’un plan pluriannuel de recrutement de personnels médico-sociaux dans les établissements scolaires, afin de garantir à chaque élève un accès effectif à des professionnels de santé, de psychologie et d’écoute au sein de l’école.

Cette proposition découle directement de la recommandation n° 30 du rapport parlementaire sur la prévention des violences commises par des adultes dans les établissements scolaires, qui a mis en lumière la pénurie dramatique de personnels médico-sociaux dans l’Éducation nationale.

Ce rapport souligne que la santé scolaire française se trouve dans un état de délitement avancé, avec des ratios d’encadrement très inférieurs aux besoins : on compte un médecin pour 12 000 élèves, loin des standards internationaux, une infirmière pour environ 1 200 élèves, un psychologue pour 1 700 élèves et un assistant social pour 2 181 élèves. Dans certains départements, plus d’un poste de médecin sur deux est vacant. Ces chiffres traduisent une carence structurelle : plus de la moitié des postes de médecins scolaires sont vacants et 80 % des médecins encore en poste ont plus de 50 ans. Seuls 20 % des élèves bénéficient aujourd’hui de la visite médicale obligatoire prévue par le code de l’éducation.

Les services sociaux, eux aussi, sont à bout de souffle : 2 593 assistants sociaux pour l’ensemble du territoire, débordés par la multiplicité de leurs missions – protection de l’enfance, climat scolaire, inclusion du handicap, formation, accompagnement des familles – et désormais également sollicités pour participer aux inspections pluridisciplinaires et au traitement des signalements au 119.

Cette situation est d’autant plus alarmante que les besoins explosent : troubles anxieux post-Covid, hausse du harcèlement scolaire, recrudescence des violences intrafamiliales signalées à l’école, dégradation de la santé mentale des adolescents et multiplication des situations de décrochage liées à des causes psychosociales.

Les mobilisations lycéennes récentes ont également remis au premier plan la question des conditions de vie et de travail dans les établissements. Au-delà des revendications relatives aux moyens humains et matériels, elles témoignent d’un besoin plus large d’écoute, d’accompagnement et de prise en charge des difficultés rencontrées par les élèves. La santé mentale, en particulier, est revenue avec force dans les préoccupations exprimées par les jeunes eux-mêmes.

Le projet annuel de performance « Enseignement scolaire », au sein du programme 230 « Vie de l’élève », acte une légère progression des crédits de l’action 02 « Santé scolaire » (+1,85 %), mais celle-ci ne permet pas de répondre aux besoins identifiés.

Les Assises de la santé scolaire ont pourtant fixé des objectifs ambitieux : généralisation de la visite médicale obligatoire à 6 ans, création de pôles santé et bien-être départementaux, développement de la santé mentale à l’école, détection et accompagnement des élèves en danger notamment.

Or, sans renfort massif des effectifs, ces objectifs resteront purement déclaratifs. Le plan pluriannuel proposé par cet amendement vise à amorcer un rattrapage structurel : il permettrait, sur cinq ans, de recruter 1 000 personnels médico-sociaux supplémentaires par an, soit 5 000 postes à terme – infirmiers, médecins scolaires, psychologues et assistants sociaux.

Cet effort porterait le ratio moyen à environ un médecin pour 8 000 élèves, une infirmière pour 900 élèves et un assistant social pour 1 500 élèves, seuil minimal pour assurer un suivi réel des enfants et des adolescents.

Investir dans la santé scolaire, c’est prévenir les drames humains. C’est aussi un levier d’égalité républicaine : dans de nombreuses zones rurales et d’éducation prioritaire, aucun professionnel de santé n’est présent à temps plein dans les établissements.

Une école protectrice exige que l’État garantisse à chaque élève le droit fondamental à l’écoute, à la prévention et à la santé. À l’heure où la santé mentale des jeunes constitue une préoccupation croissante et où les lycéens eux-mêmes expriment leurs inquiétudes quant à leurs conditions d’apprentissage et d’accompagnement, le renforcement de la santé scolaire ne peut plus être différé.

Cette baisse vise uniquement à respecter les règles de recevabilité financière et les auteurs du présent amendement n’ont aucune intention de diminuer les crédits du programme « Enseignement privé du premier et du second degrés ». Ils appellent le Gouvernement à lever le gage.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 10

Violette Spillebout EPR

Les 9 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000556
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210