question écrite
Sommités fleuries dans l'expérimentation du cannabis médical
- Ministère interrogé
- Santé et accès aux soins
- Attribuée à
- Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
- Rubrique
- Questions sociales et santé
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En clair
Question écrite d'Anne Souyris, publiée au Journal officiel le 3 oct. 2024. Aucune réponse publiée après 763 jours.
La question
Mme Anne Souyris alerte Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur l'urgence d'assurer la continuité de l'accès aux médicaments sous forme inhalée (fleurs séchées) aux patients de l'expérimentation du cannabis médical.
Le 3 mars 2021 était publié l'arrêté fixant les conditions de fourniture et de livraison du dispositif de vaporisation destiné à l'usage des formes inhalées des médicaments à base de cannabis utilisés pendant l'expérimentation de l'usage médical du cannabis. L'expérimentation du cannabis médical amorcée depuis la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020, qui devait prendre fin le 25 mars 2024, a été prolongée par la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024. Cette dernière accorde un statut temporaire de cinq ans, renouvelable, au cannabis à usage médical.
Cette loi précise que les indications du cannabis à usage médical seront fixées par voie réglementaire, via un arrêté ministériel sur proposition de l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. D'après un avis du comité scientifique temporaire de l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé du 7 décembre 2023, le cadre réglementaire en question compte exclure les formes inhalées, ou « sommités fleuries », de l'expérimentation pour le 31 décembre 2024. Cette exclusion prévue pour décembre 2024 a incité les entreprises étrangères qui fournissaient jusqu'à présent gracieusement, et depuis 2021, les fleurs de sommités à stopper leur distribution en France à partir du 26 mars 2024. Désormais, ce n'est plus qu'une question de jours avant que les patients et patientes de l'expérimentation ne soient privés de leur traitement.
Elle souhaite rappeler que les formes inhalées comportent un intérêt thérapeutique majeur. Les sommités fleuries constituent une forme galénique à délai d'action rapide et d'effet court, adaptées dans le cas de crises paroxystiques. L'utilisation de cannabis médical par voie orale n'est pas recommandée dans ce genre de crise, étant donné le délai d'action prolongé. En ses qualités, la forme inhalée correspond à la forme la plus répandue de cannabis médical en Europe.
Face au retrait des sommités fleuries de l'expérimentation, les risques sont nombreux. Les soignants craignent de réorienter leurs patients vers des traitements de fond ou des opioïdes qui ne constituent pas des traitements de référence et sont inadaptés voire dangereux dans le traitement des crises paroxystiques. Cette exclusion des sommités fleuries pourra être compensée par l'augmentation de la posologie prescrite des doses orales, qui restera toutefois insuffisante et inadaptée au vu du délai d'action. Aussi, le risque est à la réorientation des patients et patientes vers une consommation illicite de cannabis fumé contenant du tabac et non contrôlée par des professionnels de santé.
Elle souhaiterait connaître les raisons de cette exclusion au vu de l'intérêt thérapeutique que représentent les fleurs de cannabis médical dans l'expérimentation. Elle souhaiterait connaître les modalités de garantie de continuité du traitement par sommités fleuries pour les patients déjà suivis et ce jusqu'à la fin de l'expérimentation, dont le financement des entreprises concernées.
Sources et données
- La question sur le site du Sénat (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur le site du Sénat (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Sénat)
- SEQ241000432
- Ministère interrogé (source)
- 979