En attente de réponse

question écrite

Financement de l'Université de La Réunion

Evelyne Corbière Naminzo CRCE-K · Sénat · 17e législature · n° 10610

Ministère interrogé
Enseignement supérieur, recherche et espace
Rubrique
Outre-mer

En clair

Question écrite d'Evelyne Corbière Naminzo, publiée au Journal officiel le 5 nov. 2026. Aucune réponse publiée après 1 jour.

La question

Mme Evelyne Corbière Naminzo attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur l'insuffisance du financement de l'université de La Réunion au regard de ses besoins d'encadrement et de la promesse républicaine d'égalité des chances.

Si la subvention pour charges de service public (SCSP) allouée à l'établissement a progressé ces dernières années, cette hausse demeure insuffisante au regard de l'augmentation des effectifs étudiants. Le montant de la subvention rapporté au nombre d'étudiants a ainsi diminué de 1,3 %. Il s'établit à 6 031 euros par étudiant à La Réunion, contre 7 279 euros dans l'hexagone, soit le niveau le plus faible parmi les régions françaises, y compris ultramarines.

Cette insuffisance de moyens se traduit notamment par des conditions d'encadrement particulièrement dégradées.
L'Université de La Réunion compte 54 étudiants par enseignant titulaire, contre 29 à l'Université de Limoges, établissement de taille et de profil disciplinaire comparables. Le recours aux attachés temporaires d'enseignement et de recherche (ATER) et aux chargés d'enseignement vacataires contribue à compenser le manque d'enseignants titulaires, au prix d'une plus grande précarité des conditions d'emploi. Ces difficultés pèsent également sur les personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé (BIATSS), dont les missions sont indispensables au fonctionnement de l'établissement.

Les conséquences de ces choix budgétaires affectent directement les conditions d'apprentissage et la réussite des étudiants. À La Réunion, le taux de réussite en licence en trois ou quatre ans s'élève à 28 %, contre 46 % au niveau national. Ces écarts interrogent la capacité de l'établissement à garantir aux étudiants réunionnais des conditions d'études comparables à celles dont bénéficient leurs homologues de l'hexagone. Le rapport n° 810 (2025-2026), déposé au Sénat le 30 juin 2026 par la commission d'enquête sur les inégalités systémiques auxquelles sont confrontés les collectivités ultramarines et leurs habitants, souligne précisément la persistance d'inégalités qui compromettent l'égalité réelle des chances dans les territoires ultramarins.
Dans ce contexte, un renforcement du financement de l'Université de La Réunion apparaît nécessaire afin de répondre durablement aux besoins du territoire. Il pourrait notamment passer par un plan de rattrapage des recrutements d'enseignants-chercheurs titulaires et de titularisation des personnels BIATSS, par une meilleure prise en compte des majorations réglementaires de rémunération liées à la vie chère dans le calcul de la SCSP, ainsi que par l'adaptation des moyens alloués aux obligations réglementaires en matière de cybersécurité, d'accessibilité et de transition énergétique du bâti universitaire.

Elle lui demande, en conséquence, quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour adapter et revaloriser durablement la subvention pour charges de service public de l'Université de La Réunion à l'évolution de ses effectifs, à ses besoins d'encadrement et aux surcoûts propres au territoire, afin de garantir aux étudiants réunionnais des conditions d'enseignement et de réussite plus équitables.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : base Questions du Sénat le 6 nov. 2026.

Références techniques
Question (Sénat)
SEQ261110610
Ministère interrogé (source)
1076