question au Gouvernement

Mobilisation lycéenne

Elsa Faucillon GDR · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1851

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Enseignement

En clair

Question au Gouvernement d'Elsa Faucillon, posée en séance le 15 oct. 2026.

L'échange en séance

MOBILISATION LYCÉENNE

Mme la présidente. La parole est à Mme Elsa Faucillon.

Mme Elsa Faucillon (GDR). Hier, les lycéens et les lycéennes ont de nouveau défilé, un peu partout dans le pays. Ils dénoncent le manque de moyens, la pression et le couperet de Parcoursup, les profs non remplacés, les bâtiments délabrés ou encore les emplois du temps surchargés. Ils demandent des conditions dignes pour passer le bac, vous répondez par la matraque et les humiliations.

Mme Ségolène Amiot. La honte !

Mme Elsa Faucillon. La répression « sans consigne de retenue » à laquelle ils font face, les camarades mutilés ou arrêtés, ajoutent de l'indignation à la colère de ces jeunes, mais aussi de leurs parents. La jeunesse n'a pas confiance dans ce gouvernement : difficile de lui donner tort !

Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, ce sont près de 10 000 postes de profs qui ont été supprimés. Dans le budget pour 2027, vous envisagez 1 500 nouvelles suppressions. Certes, vous avez annoncé que 3 000 professeurs remplaçants rejoindraient les établissements en situation dite problématique. Où étaient-ils avant ? Un prof de maths remplacera-t-il un prof d'histoire-géo ? Un prof d'une académie devra-t-il exercer dans une autre académie ? À force d'avoir tout cassé, quels leviers pouvez-vous encore actionner ?

Vous dites vouloir recueillir les doléances des lycéens. Comme nous, ils savent ce que sont devenus les cahiers de doléances des gilets jaunes : archivés, mis sous un couvercle – un couvercle prêt à se soulever de nouveau, samedi 17 octobre.

Votre mandat s'achève dans quelques mois. Les jeunes, comme les gilets jaunes, ne croient pas en vous. Ils demandent plus que des revendications matérielles, ils demandent un avenir. Les lycéens et les lycéennes ne veulent pas d'une école qui soit l'antichambre du Medef. Ils veulent être instruits et heureux ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.)

Or le monde que vous leur proposez détruit leur capacité à se projeter. Cela ne vous exonère pas de vos responsabilités. Vous présentez un budget pour 2027 : au-delà du redéploiement des 3 000 remplaçants qui manqueront finalement ailleurs, apporterez-vous des réponses sérieuses, sonnantes et trébuchantes aux revendications lycéennes ou augmenterez-vous plutôt les effectifs des CRS ? (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.)

M. Nicolas Sansu. Excellent !

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Vous parlez d'avenir et en effet, avec leur mouvement, les jeunes expriment une certaine angoisse pour l'avenir. Toute la journée, ils entendent des discours crépusculaires, alors qu'ils sont l'aube de la société de demain. (Vives protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)

Mme Elsa Faucillon. Non, vous n'allez pas nous la faire !

M. Édouard Geffray, ministre. Je vous ai écoutée, madame Faucillon, laissez-moi vous répondre.

Vous avez évoqué les 3 000 postes de remplaçant. Il y avait bien 3 000 professeurs remplaçants, ce qui est cohérent avec la taille de l'administration scolaire, pour la plupart titulaires, donc formés. Ils n'étaient pas encore affectés aux postes où un remplaçant était nécessaire ou n'étaient pas encore sollicités, là où un remplacement n'était pas nécessaire, pour venir en appui des équipes pédagogiques des établissements auxquels ils étaient affectés.

Mme Ségolène Amiot. Vous attendiez quoi ? La saint-glinglin ?

M. Édouard Geffray, ministre. Nous avons fait en sorte de mobiliser l'intégralité de ce vivier. Je le dis honnêtement, c'est un sujet sur lequel je travaille depuis un an car ce fonctionnement n'était pas optimisé.

Mme Ségolène Amiot. Vous aviez oublié que la rentrée avait lieu en septembre ?

M. Benjamin Lucas-Lundy. Ils ont déjà réformé le calendrier scolaire…

M. Édouard Geffray, ministre. Vous avez omis dans votre question un autre élément : nous sommes en train de recruter 920 personnels supplémentaires, à affecter notamment dans les filières professionnelles – dans certaines d'entre elles, il est très difficile de disposer d'un remplaçant titulaire. Depuis vendredi, 170 contractuels ont été recrutés par les académies.

Nous débattrons évidemment des dispositions du projet de loi de finances pour 2027, qui pourra être amendé à l'initiative du gouvernement. Nous le ferons à la lumière de ce que vous dites – et que j'entends – et à celle des 90 000 contributions, dont 25 % sont collectives, reçues sur la plateforme. Elles pointent le problème des emplois du temps, celui du bâti, celui des régions et celui des remplacements, que je suis en train de traiter.

Sur tous ces points, nous apporterons des réponses. Toutes les contributions seront en accès libre, vous pourrez donc les vérifier.

Mme Ségolène Amiot. Ce ne sont pas réponses, ce sont des actions qu'attendent les lycéens !

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1851
Ministère interrogé (source)
PO873652