Mobilisation des lycéens en Guyane
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En clair
Question au Gouvernement de Jean-Victor Castor, posée en séance le 14 oct. 2026.
L'échange en séance
MOBILISATION DES LYCÉENS EN GUYANE
Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Victor Castor.
M. Jean-Victor Castor (GDR). Au nom du groupe GDR, je veux m'associer à l'hommage qui a été rendu à Gabriel Serville, président de la collectivité territoriale et qui a exercé deux mandats dans cette assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes EPR, SOC, DR, EcoS, Dem, HOR et LIOT.)
J'aimerais poser ma question au premier ministre, mais peut-être Mme Naïma Moutchou y répondra-t-elle. La situation est explosive partout dans nos territoires. Les lycéens qui sont dans la rue sont également réprimés chez nous ; or personne n'en parle dans les médias ni même dans cet hémicycle. Je tiens vraiment, au nom de mon groupe, à apporter ma solidarité et mon soutien à tous les lycéens qui se mobilisent. (M. Marcellin Nadeau applaudit.)
Je vais vous parler de la Guyane : là-bas, les jeunes se lèvent à 4 heures du matin et rentrent chez eux à 20 heures. Dans les périodes de sécheresse, certains ne peuvent même pas se rendre à l'école. À Camopi, pendant plus de deux ans, des élèves n'ont pas pu aller en classe. Voilà la réalité de mon pays.
Et pourtant vous supprimez 60 % de la ligne budgétaire unique. Ainsi, dans les deux foyers importants pour les jeunes, la maison et l'école, il n'y a pas d'investissement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR.) Vous abandonnez cette jeunesse !
S'agissant de la Guyane, vous ne pourrez pas invoquer l'argument d'une baisse de la population : notre croissance démographique est hors normes ! Pourtant, malgré cela, vous diminuez les investissements, de sorte que les collectivités territoriales ont de moins en moins de moyens.
Quand vous supprimez 60 % de la ligne budgétaire unique pour le logement – ce qui est le cas en Guyane mais aussi dans les autres territoires dits d'outre-mer –, vous brisez toute une partie de l'économie guyanaise parce que le logement représente 40 % de la commande publique, qui représente elle-même 80 % de l'activité dans nos territoires. Ce n'est pas simplement scandaleux de supprimer 60 % de la LBU pour la Guyane, c'est criminel, inacceptable ! En réalité, vous serez tenus responsables du climat explosif qui a commencé à régner dans nos pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS.)
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre des outre-mer.
Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer. Après avoir présenté, en Guyane, à vos côtés, au nom du président de la République et du gouvernement, nos condoléances à la famille et aux proches du président Gabriel Serville, je m'associe, avec M. le premier ministre, à l'hommage qui lui a été rendu ici.
J'en viens aux deux sujets que vous avez évoqués. Le premier concerne la jeunesse et la mobilisation des lycéens : je veux dire aux jeunes Guyanais que nous avons entendu leurs revendications et que M. le ministre de l'éducation nationale et moi-même sommes au travail. La semaine dernière, nous avons réuni les exécutifs régionaux des territoires ultramarins, dont la Guyane, pour voir ce que nous pouvions accélérer, voire débloquer. Nous avons évoqué la rénovation et l'adaptation climatique du bâti scolaire et nous regarderons, territoire par territoire, projet par projet, notamment en Guyane, là où il est possible de mobiliser des financements pour procéder aux rénovations et aux réhabilitations. Je suis bien consciente de la pression démographique particulière qui s'exerce en Guyane – vous l'avez mentionnée – et à Mayotte. Nous poursuivons ce travail avec le rectorat, en lien avec la collectivité territoriale, pour amplifier dans les prochains jours les discussions et la réalisation de ces projets.
Le second sujet est celui du logement. Un premier point important : il n'y a pas de coupe budgétaire ; il n'y aura pas de diminution de la LBU. Les crédits ont été maintenus au niveau de 2026, soit 234 millions d'euros. Conscients des difficultés existantes en matière de logement dans les outre-mer, nous avons fait le choix, contrairement à ce que j'ai entendu, de maintenir l'enveloppe budgétaire.
Deuxième point : il n'y a pas de diminution de cette enveloppe puisque les crédits qui concernaient Mayotte sont désormais inscrits ailleurs. Si nous les avons retirés de la LBU, ils existent toujours, dans un programme propre à Mayotte.
Troisième point : tous les dispositifs de défiscalisation et de crédits d'impôt seront maintenus ; cela représente 350 millions d'euros. Enfin, pour l'année 2026, Vincent Jeanbrun et moi-même reprendrons notre travail pour – je l'espère –, renforcer les financements dans le cadre de la fin de l'exercice 2026.
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1842
- Ministère interrogé (source)
- PO873676