Fusillade à Aubagne et violences dans les établissements scolaires
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En clair
Question au Gouvernement d'Olivier Fayssat, posée en séance le 14 oct. 2026.
L'échange en séance
FUSILLADE À AUBAGNE ET VIOLENCES DANS LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES
Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Fayssat.
M. Olivier Fayssat (UDR). Hier, un élève de 14 ans est entré dans le collège Lakanal, à Aubagne, avec un fusil de chasse. Il a tiré à quatre reprises, blessant le principal et une professeure. Une fois de plus, la violence a frappé celles et ceux qui ne demandent qu’à enseigner et qui s’engagent chaque jour, malgré les difficultés, au service de la jeunesse de France.
Je tiens à exprimer, au nom du groupe UDR, notre entier soutien aux victimes ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative, abandonnée depuis plusieurs semaines à toutes les violences.
En ce jour particulier, qui est aussi l’anniversaire de l’assassinat du professeur Dominique Bernard, pour qui nous avons évidemment une pensée émue, je ne vous mettrai pas en cause plus que de raison, monsieur le ministre de l'intérieur. Je vous épargnerai une tirade lyrique sur votre responsabilité personnelle dans chaque événement dramatique. À l’impossible nul n’est tenu, et je ne vous ferai donc pas un bien mauvais procès, selon les termes que vous auriez sans doute utilisé dans votre réponse.
En revanche, au-delà de la question de la santé mentale des jeunes, qui devait constituer une cause prioritaire pour votre gouvernement, mais qui n'a malheureusement donné lieu qu'à très peu d’actions concrètes, au-delà de l'installation de portiques de sécurité dans les écoles, qu'il faudrait accélérer, et au-delà de la suppression de Parcoursup, demandée depuis longtemps par les lycéens et par Éric Ciotti, nous nous inquiétons de constater que vous ne parvenez visiblement pas à stopper la violence d’extrême gauche, qui a confisqué les revendications des lycéens et cible de plus en plus brutalement les personnels éducatifs.
Cette semaine s’annonce dans la continuité des précédentes. Comptez-vous laisser les mélenchonistes continuer de mettre le pays à feu et à sang, ou avez-vous prévu de restaurer l’ordre ? Si oui, quand et comment ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur. Je vais vous répondre de manière très calme – ne soyez pas inquiet.
M. Frédéric Maillot. Quand on voit votre police, on peut l'être !
M. Laurent Nuñez, ministre. S'agissant de la fusillade qui a eu lieu hier, je m'associe au soutien apporté à la communauté éducative par le ministre de l'éducation nationale que j'ai accompagné sur place, en particulier dans le contexte de l'anniversaire, à quelques jours d'intervalle, des attentats terroristes qui ont tué Samuel Paty et Dominique Bernard.
Tout notre dispositif de lutte antiterroriste n'a cessé de s'adapter à l'évolution des menaces. Le parquet national antiterroriste saisi de l'affaire d'hier semble confirmer nos soupçons quant à la probable appartenance de ce jeune de 14 ans à la True Crime Community, une mouvance qui se tisse sur les réseaux sociaux et fédère des jeunes qui s'isolent, se marginalisent, s'enferment dans leur bulle et finissent par fréquenter d'autres jeunes, qu'ils ne rencontrent même pas physiquement, pour évoquer des tueries de masse.
Ce phénomène, né aux États-Unis, au Canada et ailleurs, n'a émergé qu'en 2025. Il ne s'agit pas du terrorisme islamiste, mais bien d'une autre forme de violence et de radicalité, que les services de renseignement suivent. Plusieurs dizaines de jeunes font ainsi l'objet d'un suivi, et nous formons les enseignants à la détection des signes de radicalisation, afin de prévenir le plus en amont possible le passage à l'acte.
Ma réponse, monsieur le député, est celle d'une personne ancrée dans la réalité. Comme toujours lorsqu'il s'agit de formes de violences nouvelles, les services de sécurité intérieure s'y adaptent dès aujourd'hui.
Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Fayssat.
M. Olivier Fayssat. Vous n'avez pas répondu à ma question principale : quand et comment comptez-vous mettre un terme aux violences d'extrême gauche dans la rue, dans le cadre des mouvements lycéens ?
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.
M. Laurent Nuñez, ministre. Lorsqu'il s'agit de mettre un terme aux violences des casseurs et des délinquants, mes preuves ne sont plus à faire : certains, à la gauche de cet hémicycle, me le reprochent suffisamment. En revanche, s'agissant des incels ou de la True Crime Community, soyez prudent : ce n'est pas toujours l'ultragauche, c'est parfois l'ultradroite. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1839
- Ministère interrogé (source)
- PO873643