Mobilisation lycéenne dans les outre-mer
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Question au Gouvernement de Steevy Gustave, posée en séance le 14 oct. 2026.
L'échange en séance
MOBILISATION LYCÉENNE DANS LES OUTRE-MER
Mme la présidente. La parole est à M. Steevy Gustave.
M. Steevy Gustave (EcoS). « Nous aussi, on fait partie de la France ! » Ces mots d'une lycéenne de Guyane disent notre échec. À Mayotte, 2 300 élèves sont scolarisés au lycée du Nord, conçu pour en accueillir 900. La mobilisation y a commencé le 31 août. À Cayenne, les lycéens faisaient connaître leurs demandes dès le 7 septembre. Avant Créteil, ils avaient déjà donné l'alerte : des conditions indignes et si peu d'attention nationale ! Faut-il que la crise éclate dans l'Hexagone pour que la souffrance des outre-mer devienne visible ?
Dans les lycées de Cayenne, on trouve des sanitaires insalubres, des cantines trop chères, un bâti dont la sécurité inquiète les élèves. Dans les communes du fleuve, certains dépendent de la pirogue pour rejoindre l'école. En Martinique, il y a des enseignants absents et des journées trop longues. En Guadeloupe, des salles trop chaudes, mal ventilées.
Voilà la triple peine : grandir parmi les inégalités, étudier dans des conditions qui les aggravent et parfois, comme en Polynésie, devoir quitter son île et sa famille pour poursuivre ses études. Il faut entendre cette jeunesse et toujours la protéger. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC.)
Au Moule, en Guadeloupe, les images d'une interpellation suscitent l'indignation. Face à des mineurs, des adultes entraînés et équipés doivent maîtriser leurs gestes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – Mme Béatrice Bellay applaudit également.) La force impose la retenue. Il faut établir les faits et les responsabilités. Je condamne fermement les violences et les dégradations, mais la colère des lycéens face à leurs conditions d'études est légitime. Ce sont des enfants, nos enfants, les enfants de la République : quand ils réclament un professeur, un repas, de l'eau potable, des toilettes propres, c'est la France qui doit rendre des comptes !
Monsieur le ministre de l'éducation nationale, quel plan de rattrapage allez-vous financer pour l'éducation dans les outre-mer ? Avec quels crédits ? Dans quels délais ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.) Ces jeunes n'ont pas à prouver qu'ils font partie de notre pays : c'est à notre gouvernement de leur prouver que l'égalité n'est pas qu'un mot ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Merci de porter la voix des élèves des collectivités d'outre-mer, qui méritent autant d'attention que les autres puisqu'ils sont tous enfants de France. C'est un premier point, non négociable.
Examinons précisément la situation. Les élèves ultramarins se sont emparés de la plateforme que nous avons ouverte pour recueillir la contribution des lycéens : nous en avons reçu 1 356 de La Réunion, tandis que la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe nous en ont chacune fait parvenir entre 200 et 250. Un quart de ces contributions, émises par les conseils des délégués pour la vie lycéenne, sont collectives.
À l'exception de La Réunion et à la différence de la moyenne des interventions reçues de l'ensemble du territoire national, la vétusté du bâti est très clairement la première préoccupation avancée dans ces collectivités : 58 % des contributions martiniquaises, 50 % des contributions guadeloupéennes et 53 % des contributions guyanaises l'évoquent.
Deux situations institutionnelles existent. Dans la première situation, les collectivités régionales sont compétentes s'agissant du bâti. Le premier ministre a réuni la semaine dernière tous les présidents des conseils régionaux concernés, précisément pour examiner la marche à suivre, fixer des priorités et en tirer les conséquences dans le projet de loi de finances.
Deuxième situation : l'État lui-même est compétent, comme à Mayotte. Récemment, j'ai inauguré l'internat de Kawéni. La livraison du plus grand lycée des métiers, qui ouvrira en mars 2027, est en cours et une série de lycées et de collèges suivront tout au long des trois prochaines années. Non seulement nous n'allons pas abandonner ces enfants de France – pas plus que les autres – mais le plan d'investissement pour Mayotte, placé sous la responsabilité de l'État, est très clair, tandis que de tels plans relèvent, dans d'autres cas, des collectivités, que l'État soutiendra.
Mme Marie Mesmeur. Et Parcoursup ?
Mme la présidente. La parole est à M. Steevy Gustave.
M. Steevy Gustave. Loin des yeux ne doit jamais vouloir dire loin du cœur de la République. Dans l'Hexagone et dans les outre-mer, les jeunes demandent la même chose. Nos territoires d'outre-mer ne sont pas seulement des destinations de vacances. Nos élèves méritent autant d'attention que les paysages qui attirent les touristes. La promesse républicaine doit être tenue partout, et maintenant – pas demain. Je vous remercie, monsieur le ministre. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1833
- Ministère interrogé (source)
- PO873652