question au Gouvernement

Mobilisation lycéenne

Florence Herouin-Léautey SOC · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1807

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Enseignement

En clair

Question au Gouvernement de Florence Herouin-Léautey, posée en séance le 7 oct. 2026.

L'échange en séance

MOBILISATION LYCÉENNE

Mme la présidente. La parole est à Mme Florence Herouin-Léautey.

Mme Florence Herouin-Léautey (SOC). Quelque 215 élèves, 715 policiers, gendarmes et pompiers, 85 personnels éducatifs, tous blessés ; un jeune homme de 14 ans à la mâchoire brisée à Saint-Ouen-l'Aumône ; un lycéen de 16 ans éborgné à Tours ; un autre de 15 ans dont la main a été arrachée à Lens... Faut-il qu'il y ait un mort pour que vous commenciez à écouter la jeunesse ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. René Pilato applaudit également.)

Les députés socialistes condamnent avec la plus grande fermeté toutes les violences, d'où qu'elles viennent, mais je tiens à exprimer notre soutien à la jeunesse qui se mobilise (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS) et dont la voix ne peut être discréditée par les méthodes violentes de quelques-uns.

Comme beaucoup d'entre nous, j'ai rencontré des lycéens. Notre responsabilité est de les entendre, pas de les manipuler et encore moins de leur répondre par le mépris et la matraque. Leurs revendications sont légitimes. Ils veulent un professeur, justement rémunéré, devant chaque classe, chaque jour ; des murs qui les tiennent au chaud l'hiver et ne soient pas des bouilloires thermiques l'été ; les mêmes chances, qu'ils grandissent en centre-ville, dans un quartier populaire, en outre-mer ou dans un petit village ; la fin de Parcoursup, machine à anxiété (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Stéphane Peu applaudit également) ; du temps pour eux, parce que leur vie ne se résume pas à l'école. Ils vivent aussi dans leur chair les conséquences du dérèglement climatique, la perte de pouvoir d'achat de leurs parents, les difficultés à se nourrir, à se loger, à faire le plein pour aller travailler. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.)

Ces dix dernières années, vous avez éteint les lumières de l'éducation et l'espérance d'un avenir meilleur. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Mme Marie Pochon applaudit également.) Quel pays démantèle ce qu'il a de plus beau à offrir : l'école de la République ? Cette crise aurait pu être évitée si vous aviez ne serait-ce que tendu l'oreille aux préconisations de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant : tout y est écrit. Il suffit de se mettre à hauteur d'enfant pour comprendre que ceux-ci n'attendent rien d'autre que le respect de la promesse républicaine. Les jeunes sont le présent de l'avenir. Qu'avez-vous à leur proposer pour qu'ils réenchantent leurs lendemains ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC, dont plusieurs députés se lèvent.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. En ce qui concerne les drames qui ont touché certains de nos élèves, quelles qu'en soient les causes,…

Mme Christine Arrighi. Quelles qu'en soient les causes ? On les connaît, les causes !

M. Édouard Geffray, ministre. …vous me connaissez suffisamment pour savoir que, comme tous les membres du gouvernement, je partage leur douleur et leur tristesse. Il en va de même des 715 membres des forces de sécurité qui ont été blessés en tentant de protéger les personnes et les biens et des 85 personnels de l'éducation nationale qui, pour la première fois de notre histoire, ont été atteints dans leur chair.

Quand on défend le service public de l'éducation – je sais que c'est votre cas, même si nous avons des divergences –, on ne peut accepter qu'il soit à ce point meurtri dans son bâti comme dans ceux qui le servent. Cela produit d'ailleurs l'effet exactement inverse de ce que demandent les lycéens. Ils souhaitent étudier dans de meilleures conditions, dans des bâtiments mieux chauffés ; ils se trouvent privés de cours et vingt-quatre bâtiments ont été incendiés ou saccagés.

M. Boris Vallaud. Et vos réponses ?

M. Édouard Geffray, ministre. Certaines des réponses du gouvernement ont déjà été données. La première réside dans la démocratie scolaire. Tous les lycéens que j'ai vus depuis une semaine m'ont dit la même chose : ils sont consultés mais jamais entendus.

M. Arthur Delaporte. C'est de votre faute !

M. Édouard Geffray, ministre. Il faut donc leur permettre de peser dans les décisions qui les concernent. J'y travaille. Il faut envisager un budget spécifique pour que les conseils académiques de la vie lycéenne puissent décider eux-mêmes de certains projets concernant directement la vie scolaire.

Deuxièmement, il faut répondre à leurs revendications. Malheureusement, celles-ci sont souvent territorialisées plutôt que nationales.

Mme Sandrine Runel. Parcoursup, c'est national !

M. Édouard Geffray, ministre. La question du remplacement des professeurs se pose différemment selon les établissements. C'est pourquoi j'ai demandé qu'on me fasse parvenir la situation de tous les lycées de France ; je disposerai de toutes les informations demain soir et tous les problèmes urgents seront traités en huit jours. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Nous apporterons donc une réponse systématique… (Mme la présidente coupe le micro de l'orateur, dont le temps de parole est écoulé.)

M. Boris Vallaud. C'est symptomatique !

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1807
Ministère interrogé (source)
PO873652