Réponse publiée

question écrite

Jaunisse virale : il y a urgence pour les betteraviers !

Alexandre Dufosset RN · Assemblée nationale · 17e législature · n° 17057

Ministère interrogé
Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Rubrique
Agriculture

En clair

Question écrite d'Alexandre Dufosset, publiée au Journal officiel le 21 juil. 2026. Réponse publiée le 27 oct. 2026, 98 jours plus tard.

Délai de réponse
98 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. Alexandre Dufosset appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les moyens de protection dont disposent les planteurs de betteraves contre les pucerons vecteurs de la jaunisse virale. La filière betteravière française est confrontée depuis plusieurs campagnes à une recrudescence des attaques de pucerons, favorisée par des conditions climatiques de plus en plus précoces et plus favorables à leur développement. Ces attaques peuvent entraîner des pertes de rendement importantes et fragiliser durablement la compétitivité d'une filière stratégique pour la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle du pays. Les représentants de la filière soulignent que plusieurs États membres de l'Union européenne disposent, dans le respect du cadre européen applicable, de solutions de protection (notamment l'acétamipride ou la flupyradifurone) dont les producteurs français ne bénéficient pas ou seulement de manière plus restrictive. Cette situation alimente un sentiment de distorsion de concurrence entre producteurs européens et nourrit les inquiétudes des exploitants quant à leur capacité à demeurer compétitifs. Les débats parlementaires intervenus au cours des dernières semaines ont conduit le Sénat à adopter un dispositif visant à faciliter, dans un cadre strictement encadré, le recours à certaines substances phytopharmaceutiques lorsqu'aucune solution alternative suffisamment efficace n'est disponible. À ce stade, la procédure législative n'est toutefois pas achevée. Dans l'attente de son issue, les planteurs demeurent confrontés à des incertitudes importantes pour la conduite de leurs cultures. Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre afin de permettre aux planteurs français, lorsqu'une impasse technique est objectivement constatée, d'accéder dans le respect du droit européen à des solutions de protection comparables à celles utilisées dans les autres États membres producteurs de betteraves, notamment l'acétamipride et la flupyradifurone lorsque les conditions de leur autorisation sont réunies, et quelles suites seront données aux travaux de recherche engagés contre la jaunisse, afin de disposer à moyen terme de solutions efficaces, durables et économiquement accessibles.

La réponse

L'arrivée printanière des pucerons dans les cultures de betteraves est un phénomène récurrent, mais néanmoins particulièrement problématique car les pucerons peuvent être vecteurs des virus responsables de la jaunisse de la betterave. Cette année, la pression des pucerons reste à ce stade inférieure à celle observée en 2020, mais elle est supérieure aux années 2021 à 2025. C'est pourquoi le suivi des recommandations de prévention est essentiel. Cela passe en particulier par la destruction des repousses de betteraves et le respect des distances d'éloignement avec les cultures qui sont des réservoirs hivernaux au virus. Le nombre de produits autorisés pour traiter les pucerons de la betterave est limité. Le ministère chargé de l'agriculture soutient le plan national de recherche et innovation pour la recherche d'alternatives et octroie des dérogations pour répondre aux situations d'urgence. Cette année, des dérogations ont ainsi été octroyées pour deux applications de produits à base de spirotétramate, ainsi que pour un nouvel insecticide à base de dimpropyridaz. De plus, deux produits de biocontrôle ont également été autorisés par dérogation : un produit qui a une action répulsive et un produit qui a une fonction insecticide. C'est par cette méthode de suivi rapproché et de réactivité immédiate que la situation a été maîtrisée en 2025, avec des niveaux de production très satisfaisants. En ce qui concerne la substance flupyradiflurone, elle est interdite d'utilisation en France depuis 2016 alors qu'elle est autorisée au niveau européen. La possibilité de lever cette interdiction a été abondamment débattue dans le cadre de la loi entraves et de nouveau dans le cadre du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (UPSA). Les parlementaires ont adopté des dispositions à l'article 6 qui permettrait à l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail d'autoriser la possibilité de déroger à l'interdiction d'utilisation de semences traitées avec de la flupyradiflurone en production de betteraves sucrières, si plusieurs conditions sont réunies. Le Conseil constitutionnel a validé la loi UPSA le 14 août 2026, entérinant de ce fait ces conditions de dérogation.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE17057
Ministère interrogé (source)
PO873647