Réponse publiée

question écrite

Ouvertures de classes sans moyens dans les collèges publics de Loire-Atlantique

Andy Kerbrat LFI-NFP · Assemblée nationale · 17e législature · n° 16656

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Enseignement privé

En clair

Question écrite d'Andy Kerbrat, publiée au Journal officiel le 7 juil. 2026. Réponse publiée le 20 oct. 2026, 105 jours plus tard.

Délai de réponse
105 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. Andy Kerbrat alerte M. le ministre de l'éducation nationale sur les graves difficultés rencontrées dans les collèges publics de Loire-Atlantique à l'approche de la rentrée scolaire 2026. Selon les informations communiquées par les services académiques, les prévisions d'effectifs établies pour préparer la rentrée ont surestimé le nombre d'élèves entrant en sixième dans les établissements privés sous contrat et, à l'inverse, sous-estimé les effectifs accueillis dans les collèges publics. En Loire-Atlantique, près de 380 élèves de sixième initialement attendus dans l'enseignement privé seraient finalement inscrits dans les collèges publics. Cette évolution aurait conduit à attribuer une partie des moyens d'enseignement sur la base d'hypothèses qui ne correspondent plus à la réalité des inscriptions. Or selon les informations recueillies auprès des établissements, les moyens ainsi alloués ne seraient pas réaffectés aux collèges publics qui accueillent effectivement ces élèves, alors même que les ajustements de rentrée sont traditionnellement opérés jusqu'aux derniers jours précédant la rentrée pour les établissements publics. Cette situation entraîne deux séries de conséquences particulièrement préoccupantes. D'une part, plusieurs collèges publics ne sont pas autorisés à ouvrir les divisions pourtant rendues nécessaires par leurs effectifs. Des familles se voient ainsi notifier que l'inscription de leur enfant dans le collège public de secteur est placée sur liste d'attente, notamment dans les collèges Simone-Veil à Nantes, Andrée-Chedid à Aigrefeuille-sur-Maine ou La Reinetière à Sainte-Luce-sur-Loire. Au collège Hector-Berlioz à Nantes, la réorganisation des divisions conduit à regrouper les élèves de cinq classes de sixième dans seulement quatre classes de cinquième, avec des effectifs particulièrement élevés. Une telle situation interroge la capacité du service public à garantir à chaque élève une affectation dans son établissement de secteur dans des conditions conformes aux objectifs de réussite scolaire. D'autre part, lorsqu'une ouverture de classe est finalement accordée, celle-ci est, dans de nombreux cas, dépourvue de la dotation horaire correspondant aux besoins réglementaires. Une classe de sixième bénéficie normalement d'une dotation d'environ 28 heures hebdomadaires, permettant d'assurer les enseignements obligatoires ainsi que les dédoublements, les groupes à effectifs réduits et l'accompagnement des élèves à besoins particuliers. Les classes des autres niveaux disposent d'environ 29 heures. Pourtant, plusieurs collèges, parmi lesquels Paul-Langevin à Couëron, René-Guy-Cadou à Ancenis-Saint-Géréon, Marie-Marvingt à Bouguenais, Pont-Rousseau à Rezé, La Noé-Lambert et La Colinière à Nantes ou encore René-Bernier à Saint-Sébastien-sur-Loire, ont vu ouvrir une division avec seulement 18 à 20 heures de dotation, soit un déficit d'une dizaine d'heures par semaine. Les équipes de direction sont alors contraintes de prélever ces heures sur la marge pédagogique de leur établissement, réduisant les dédoublements, les groupes de besoins, les dispositifs d'accompagnement, l'inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers, les moyens consacrés aux élèves allophones ou aux sections d'enseignement général et professionnel adapté (SEGPA). Cette situation constitue une perte de chances pour l'ensemble des élèves concernés et crée une rupture d'égalité entre les collèges qui supportent ces ajustements et les autres établissements. Au regard de ces éléments, il lui demande si le rectorat de Nantes a effectivement saisi le ministère afin d'obtenir les moyens complémentaires rendus nécessaires par cette erreur d'anticipation des effectifs entre enseignement public et enseignement privé sous contrat. Il lui demande également quelles dispositions réglementaires empêcheraient une réaffectation, avant la rentrée scolaire, des moyens attribués sur la base de prévisions désormais démenties par les inscriptions constatées, alors même que les dotations des établissements publics font régulièrement l'objet d'ajustements jusqu'à la fin de l'été. Il souhaite enfin savoir si le Gouvernement entend garantir que chaque élève inscrit dans l'enseignement public bénéficie des moyens correspondant à sa scolarisation effective, en ouvrant les divisions nécessaires et en attribuant à chacune d'elles la dotation horaire complète, afin de préserver l'égalité de traitement entre les élèves de l'enseignement public et ceux de l'enseignement privé sous contrat.

La réponse

Les opérations de préparation de rentrée débutent 10 mois avant la rentrée considérée. Ceci permet un dialogue structuré et itératif entre les différentes autorités en charge des moyens et les établissements scolaires. Cette durée voit les prévisions et l'organisation s'affiner avec le temps et ouvre la possibilité à des ajustements pour s'adapter à l'évolution des situations. En l'espèce, la direction des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) de la Loire-Atlantique a travaillé, conjointement avec les chefs d'établissement des collèges concernés et la direction diocésaine de l'enseignement catholique, sur les prévisions d'effectifs en classe de 6ème entre les élèves du réseau public et ceux du réseau privé sous contrat. L'objectif était de croiser les listes d'élèves afin de stabiliser les données et ajuster les moyens en conséquence pour sécuriser la rentrée scolaire 2026. Ces projections doivent désormais se concrétiser par des inscriptions. Afin de faciliter l'organisation de la rentrée, la DSDEN a fait le choix d'allouer des moyens nécessaires avant le constat des inscriptions effectives. Les collèges Simone Veil, La Noé-Lambert et La Colinière à Nantes, Paul Langevin à Couëron, Marie Marvingt à Bouguenais, Pont-Rousseau à Rezé ou encore René Bernier à Saint-Sébastien-sur-Loire se sont vus allouer des moyens complémentaires. Ces moyens correspondent à une division de 6ème supplémentaire. Les équipes de direction ont disposé dès début juillet des dotations leur permettant de mettre en œuvre l'organisation pédagogique retenue par leurs soins pour répondre aux besoins des élèves dans leur diversité (dédoublements, groupes allégés, stratégie d'accompagnement personnalisé). S'agissant du collège Hector Berlioz à Nantes, la montée de cohorte des 118 élèves de 6ème en 5ème s'est effectuée en répartissant les élèves de l'ensemble du collège dans 16 divisions, quatre par niveau, en maintenant le seuil de 24 élèves en 6ème. Ce collège est au cœur d'un projet de mixité dans la ville de Nantes, défini en concertation avec le conseil départemental et qui permet d'encadrer les effectifs à l'entrée au collège. Il convient également de noter l'ajout de 12 heures à la dotation de ce collège en classe de 5ème afin de favoriser la mise en place de dédoublements sur ce niveau. Afin de tenir compte de l'appartenance de ce collège au projet mixité, une aide complémentaire a été apportée au moment des ajustements de juin dernier. Les autorités académiques continuent de suivre avec attention la rentrée scolaire pour ces collèges comme pour l'ensemble des autres établissements par un dialogue régulier et de proximité.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE16656
Ministère interrogé (source)
PO873652