amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 2597
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En clair
Lionel Vuibert a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 3 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Le chapitre III du titre Ier du livre III du code de l’action sociale et des familles est complété par un article L. 313‑1-4 ainsi rédigé :
« Art. L. 313‑1‑4. – Un programme pluriannuel de création de places en établissements d’accueil médicalisé et en maisons d’accueil spécialisées, destinées aux personnes présentant des troubles psychiques dont l’état de santé ne justifie plus le maintien en hospitalisation complète, est arrêté par les ministres chargés de la santé et des personnes handicapées, après avis de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.
« Ce programme est établi à partir d’un recensement, réalisé chaque année par les agences régionales de santé, du nombre de patients concernés dans chaque établissement autorisé en psychiatrie ainsi que de la durée de leur hospitalisation. Ce recensement identifie distinctement les personnes déclarées pénalement irresponsables pour lesquelles des structures spécifiques sont nécessaires.
« Les places créées en application du présent article font l’objet d’un financement au titre de l’objectif global de dépenses mentionné à l’article L. 314‑3. Un rapport annuel sur l’exécution du programme est transmis au Parlement. »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
III. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Il existe aujourd'hui, dans les établissements publics de santé mentale, des patients chroniques stabilisés dont l'état ne justifie plus une hospitalisation complète, mais qui y demeurent faute de places en établissement médico-social. Cette situation est doublement préjudiciable.
Elle l'est d'abord pour les personnes concernées, maintenues dans un cadre sanitaire inadapté à leur projet de vie, alors qu'elles pourraient bénéficier d'un accompagnement dans un lieu de vie ouvert sur la cité, notamment en foyer de vie ou en établissement d'accueil médicalisé (EAM).
Elle l'est ensuite pour le système de soins : ces séjours prolongés pèsent sur les durées moyennes de séjour, immobilisent des lits d'hospitalisation complète dans un contexte de réduction des capacités et de fortes tensions sur leur occupation, et contribuent à l'engorgement des urgences ainsi qu'au recours croissant aux mesures d'isolement.
Cette impasse est connue de longue date. Elle demeure pourtant insuffisamment traitée, car elle se situe à la frontière entre deux financeurs et deux logiques budgétaires : l'assurance maladie, d'une part, et la branche autonomie, d'autre part. Chacun peut ainsi considérer que la charge relève de l'autre. Il en résulte un statu quo dont les conséquences sont supportées par les patients, les équipes soignantes et le système de santé dans son ensemble.
Le présent amendement ne vise pas à trancher ce débat de principe, mais à documenter les besoins et à programmer les réponses nécessaires. En imposant aux agences régionales de santé un recensement annuel des personnes concernées, il permet de rendre visible un phénomène aujourd'hui insuffisamment identifié dans les données nationales. En associant à ce recensement un programme pluriannuel de création de places financé au titre de l'objectif global de dépenses, il établit une trajectoire adaptée aux besoins constatés.
Le PLFSS pour 2027 rend cette programmation d'autant plus nécessaire : l'objectif global de dépenses ne progresserait que de 1,9 % dans le champ du handicap, contre 3,3 % pour les personnes âgées, selon les données présentées à l'article 48 et dans ses annexes. Dans ces conditions, la création de nouvelles places en établissement d'accueil médicalisé ou en maison d'accueil spécialisée nécessite une programmation financière explicite.
L'amendement prévoit également d'identifier distinctement la situation des personnes déclarées pénalement irresponsables, dont l'accueil dans les structures médico-sociales de droit commun peut se heurter à des obstacles juridiques et organisationnels. Il apparaît nécessaire de développer des structures adaptées, accompagnées par des équipes mobiles, afin de garantir la continuité des prises en charge et de prévenir les ruptures de parcours.
Le présent amendement a été travaillé en concertation avec la Confédération française démocratique du travail (CFDT), dans une démarche visant à améliorer l'accompagnement des patients, à répondre aux difficultés rencontrées par les professionnels et à renforcer l'articulation entre les secteurs sanitaire et médico-social.
Auteurs 4
Les 3 cosignataires
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002597
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211