amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 2596

Lionel Vuibert NI · Après l'article 43

En clair

Lionel Vuibert a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 3 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Le I de l’article L. 3221‑2 du code de la santé publique est ainsi modifié :

1° Après le deuxième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Le projet territorial de santé mentale comporte obligatoirement un volet relatif à la prévention primaire et secondaire en santé mentale. Ce volet définit les actions de repérage précoce des troubles psychiques et les modalités de sensibilisation et de formation des acteurs de proximité intervenant auprès de la population, notamment les professionnels des établissements d’accueil de jeunes enfants, de la protection maternelle et infantile, de l’éducation, des services d’aide et d’accompagnement à domicile, des centres communaux d’action sociale et des missions locales. Il identifie, pour chacun de ces acteurs, les structures et professionnels vers lesquels ils peuvent orienter les personnes et donner l’alerte. Il précise les modalités d’association des conseils locaux de santé mentale à son élaboration et à sa mise en œuvre. »

2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Les fonctions de coordination nécessaires à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi du projet territorial de santé mentale font l’objet d’un financement pérenne au titre du fonds d’intervention régional mentionné à l’article L. 1435‑8. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement, rédigé en collaboration avec la CFDT Santé-Sociaux (Fédération nationale des services de santé et services sociaux), vise à renforcer la prévention et à sécuriser le financement de la coordination dans le cadre des projets territoriaux de santé mentale (PTSM).

Les projets territoriaux de santé mentale constituent l'un des outils structurants de ces dernières années. Ils ont le mérite de mobiliser un grand nombre d'acteurs locaux, de reposer sur un diagnostic partagé et de se décliner en fiches-actions permettant l'évaluation des mesures.

Deux faiblesses en limitent aujourd'hui la portée.

La première tient à l'insuffisance de garanties concernant la mise en œuvre effective des actions de prévention.Le repérage précoce constitue pourtant un levier essentiel, humainement et financièrement, en santé mentale : plus les troubles sont détectés et pris en charge tôt, plus les risques d'aggravation et de chronicisation peuvent être réduits et les chances de rétablissement améliorées.

Or, la prévention ne se décrète pas depuis l'hôpital. Elle suppose que les acteurs qui côtoient quotidiennement la population — crèches, écoles, services d'aide à domicile, centres communaux d'action sociale — sachent repérer les premiers signes de difficultés et, surtout, identifier les professionnels et structures vers lesquels orienter les personnes concernées.

Aujourd'hui, cette connaissance des relais demeure insuffisante dans certains territoires, conduisant parfois à des prises en charge tardives ou à un recours aux urgences qui aurait pu être évité. Rendre obligatoire l'identification précise des relais mobilisables dans le volet prévention des PTSM permettrait de renforcer l'efficacité des parcours de soins.

La seconde faiblesse est budgétaire. Les chargés de mission qui ont porté les diagnostics territoriaux, l'élaboration et le suivi des projets ont parfois travaillé sur des financements précaires, insuffisamment sécurisés dans la durée.

La coordination ne se décrète pas : elle se construit et s'entretient. Perdre ces fonctions revient à fragiliser la continuité et la capacité de mise en œuvre de dispositifs dans lesquels la puissance publique a déjà investi.

Le fonds d'intervention régional (FIR), qui finance notamment des actions de coordination et de prévention, constitue un outil adapté. Dans un contexte de contraintes budgétaires, l'absence de financement identifié et pérenne pour ces missions risque de fragiliser leur continuité, alors même que les besoins d'une politique territoriale coordonnée sont croissants.

Cet amendement propose donc de renforcer les obligations opérationnelles des PTSM en matière de prévention et d'identification des relais de proximité, tout en sécurisant les moyens consacrés à leur animation et à leur coordination.

Il s'inscrit dans la continuité des recommandations formulées par le Conseil économique, social et environnemental dans son avis du 24 mars 2021, « Améliorer le parcours de soin en psychiatrie », notamment concernant les formations croisées associant les acteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux, afin de favoriser le travail en réseau et la continuité des parcours.

Auteurs 4

Lionel Vuibert NI

Les 3 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002596
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211