amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 2495

Anne-Cécile Violland HOR · Article 28

En clair

Anne-Cécile Violland a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 5 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Compléter l’alinéa 20 par la phrase suivante :

« Ces mesures peuvent notamment permettre au prescripteur, lorsqu’il l’estime utile, de subordonner la dispensation à la production d’un ou de plusieurs résultats issus d’un dispositif médical mentionné à l’article L. 5221‑1, sans que le recours à ces examens puisse être imposé au prescripteur. »

II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« III. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

« IV. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

L’article 28 soumet les médicaments antibiotiques à des mesures particulières de prescription et de dispensation, dont les modalités doivent être précisées par voie réglementaire.

Le présent amendement vise à permettre explicitement que ces mesures particulières de prescription et de dispensation puissent, lorsque cela est pertinent, subordonner la prescription ou la dispensation d’un antibiotique à la production de résultats issus d’un dispositif médical de diagnostic in vitro, tel que défini à l’article L. 5221-1 du code de la santé publique.

Le recours  à des outils  de diagnostic in vitro permet ainsi de mieux objectiver la décision thérapeutique. Il contribue à prévenir les prescriptions d’antibiotiques lorsqu’elles ne sont pas nécessaires et, lorsqu’une antibiothérapie est justifiée, à orienter le choix du traitement le plus approprié. Il participe ainsi à la réduction des prescriptions inutiles ou inadaptées et à la diminution de la pression de sélection exercée par les antibiotiques, qui favorise l’émergence et la diffusion de bactéries résistantes.

La prévention constitue en effet un levier essentiel de la lutte contre l’antibiorésistance. Prévenir l’exposition inutile aux antibiotiques, c’est prévenir l’apparition et la sélection de résistances, préserver l’efficacité des traitements disponibles et réduire le risque que des infections deviennent plus difficiles, voire impossibles, à traiter. Cette politique de prévention doit être menée en complément des actions de prévention et de contrôle des infections, de vaccination, de surveillance épidémiologique et de promotion du bon usage des anti-infectieux.

Cette démarche revêt une importance particulière en médecine de ville, où sont prescrits plus de 80 % des antibiotiques. Elle doit permettre de mieux intégrer le diagnostic et la prévention à la décision thérapeutique, en complément de l’examen clinique et des recommandations de bonnes pratiques, sans remettre en cause la liberté d’appréciation du professionnel de santé lorsque la situation clinique le justifie.

Enfin, cet amendement s’inscrit pleinement dans l’approche « Une seule santé » - « One Health », qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. L’antibiorésistance ne constitue pas uniquement un enjeu de prescription médicale : les résistances bactériennes et les déterminants de la résistance peuvent circuler entre les populations humaines, animales et l’environnement. Sa prévention nécessite donc une approche globale et coordonnée, fondée notamment sur la prévention des infections, le diagnostic précoce et pertinent, la surveillance, ainsi que le bon usage des anti-infectieux dans l’ensemble des secteurs concernés.

Amendement travaillé avec Biomérieux.

Auteurs 6

Anne-Cécile Violland HOR

Les 5 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002495
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211