amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 2483
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En clair
Martine Froger a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 1 cosignataire, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Le III de l’article L. 162‑22‑18 du code de la sécurité sociale est ainsi modifié :
1° À la première phrase, après le mot : « démographiques », sont insérés les mots : « , lesquels comportent une survalorisation de la population mineure ainsi que de la population âgée de soixante-quinze ans et plus, ».
2° La première phrase du deuxième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée : « La répartition de la dotation populationnelle entre régions a pour objectif de réduire progressivement les inégalités dans l’allocation de ressources entre les régions. » est complétée par les mots : « , en priorité au bénéfice des régions dans lesquelles la densité de psychiatres et de médecins exerçant en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est inférieure à la moyenne nationale ».
3° l est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« La trajectoire de réduction des inégalités mentionnée au présent III ne peut excéder cinq ans à compter du 1er janvier 2027. Un bilan annuel de son exécution, précisant pour chaque région le montant de la dotation cible, le montant effectivement notifié et l’écart résiduel, est rendu public et transmis au Parlement au plus tard lors du dépôt du projet de loi de financement de la sécurité sociale de l’année. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Le présent amendement, rédigé en collaboration avec la CFDT Santé-Sociaux (Fédération nationale des services de santé et services sociaux), vise à renforcer l'équité territoriale dans la répartition des financements consacrés à la psychiatrie et à garantir une trajectoire de convergence entre les régions.
La réforme du financement des activités de psychiatrie, engagée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, repose sur une dotation populationnelle dont la répartition entre régions poursuit un objectif explicite : réduire progressivement les inégalités d'allocation de ressources. Cet objectif est juste. Son rythme de mise en œuvre demeure toutefois insuffisant.
Le présent amendement poursuit trois objectifs :
Premièrement, il complète les critères de répartition. Les critères réglementaires actuels prévoient une survalorisation de la population mineure, ce qui est légitime au regard de la situation de la pédopsychiatrie. Ils ne prévoient en revanche aucune survalorisation spécifique de la population âgée, alors que les besoins en psychiatrie du sujet âgé sont appelés à progresser avec le vieillissement démographique, que les prises en charge sont complexes et fréquemment associées à des problématiques neurologiques, et que les évolutions de la formation médicale soulèvent des inquiétudes quant à l'attractivité de cette surspécialité. Il importe donc de mieux prendre en compte les besoins spécifiques des deux extrémités de la pyramide des âges. Inscrire ces survalorisations dans la loi permettrait de sécuriser le modèle et d'éviter qu'un arbitrage réglementaire ne remette en cause ce choix de santé publique.
Deuxièmement, il oriente le rattrapage. Aujourd'hui, la réduction des inégalités entre régions est affirmée sans que la loi ne désigne les territoires prioritaires. L'objectif prioritaire doit être la résorption des zones dépourvues de médecins psychiatres, par une allocation renforcée des moyens vers ces territoires. À défaut, la dotation populationnelle risque de ne pas corriger suffisamment les inégalités d'accès aux soins qu'elle est censée réduire.
Troisièmement, il rend la trajectoire contrôlable. Une trajectoire sans échéance précise ne garantit pas l'atteinte des objectifs fixés. En bornant la convergence à cinq ans et en imposant la publication, région par région, de l'écart résiduel à la dotation cible, le Parlement disposerait d'un instrument de suivi effectif, tandis que les établissements et les usagers bénéficieraient d'une meilleure visibilité sur les moyens réellement alloués à leur territoire.
Le PLFSS 2027 souligne lui-même l'urgence de ce rattrapage pour les mineurs : ses articles 24 et 25 prévoient notamment des mesures relatives à la prise en charge des enfants protégés et des enfants victimes de violences. Ces dispositifs nécessitent la présence de professionnels spécialisés, notamment de pédopsychiatres, y compris dans les territoires actuellement les moins dotés. Sans rééquilibrage territorial des moyens, leur déploiement risque de se heurter aux inégalités d'offre existantes.
Cet amendement n'emporte pas, par lui-même, de dépense supplémentaire pour l'assurance maladie : il porte sur les modalités de répartition d'une enveloppe existante et sur la transparence de son exécution.
Auteurs 2
Le cosignataire
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002483
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211