Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 2346

Cyrille Isaac-Sibille Dem · Après l'article 7

En clair

Cyrille Isaac-Sibille a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il a été rejeté en séance publique le 22 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – À titre expérimental et pour une durée de trois ans à compter du 1er janvier 2027, dans trois régions désignées par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et des sports, les entreprises relevant d’une branche professionnelle ayant conclu un accord collectif étendu de prévention par l’activité physique dans les conditions prévues au II bénéficient d’un taux réduit de la cotisation patronale d’assurance maladie mentionnée à l’article L. 241‑2 du code de la sécurité sociale.

II. – L’accord collectif mentionné au I organise le financement, en dehors du temps de travail, d’une activité physique régulière des salariés, encadrée par un éducateur sportif titulaire d’une carte professionnelle délivrée en application de l’article L. 212‑11 du code du sport, ayant pour objet la prévention de l’absentéisme, de la désinsertion professionnelle et des pathologies liées à la sédentarité. Il fixe des objectifs chiffrés ainsi que les indicateurs permettant d’en mesurer l’atteinte, notamment le taux de recours des salariés au dispositif et l’évolution, à l’échelle de la branche, du nombre de jours d’arrêt de travail pour maladie indemnisés.

III. – Le recours au dispositif est libre pour le salarié. Aucune information individuelle relative à la participation ou à la non-participation d’un salarié au dispositif, ni à son état de santé, n’est transmise à l’employeur. La participation au dispositif, le non-recours à celui-ci et les arrêts de travail du salarié ne peuvent être pris en considération pour arrêter une décision relative notamment à sa rémunération, à son évaluation, à sa promotion, à une sanction disciplinaire ou à la rupture de son contrat de travail. Les indicateurs mentionnés au II sont établis exclusivement à l’échelle de la branche, à partir de données agrégées et anonymisées.

IV. – Le bénéfice du taux réduit est subordonné à la transmission annuelle, par les signataires de l’accord, des indicateurs mentionnés au II à l’organisme chargé du recouvrement des cotisations et au ministre chargé de la sécurité sociale. Il est suspendu lorsque les engagements prévus par l’accord ne sont pas mis en œuvre ou en cas de méconnaissance du III.

V. – Un décret en Conseil d’État fixe les modalités d’application du présent article, notamment le niveau de la réduction de taux, les indicateurs minimaux mentionnés au II ainsi que les modalités de transmission et de contrôle prévues au IV.

VI. – Au plus tard six mois avant le terme de l’expérimentation, le Gouvernement remet au Parlement un rapport d’évaluation. Ce rapport compare l’évolution du nombre de jours d’arrêt de travail pour maladie indemnisés et des dépenses d’indemnités journalières dans les branches et régions concernées avec celle observée dans des branches et régions comparables n’ayant pas participé à l’expérimentation. Il présente également le taux de recours des salariés, le coût de la mesure pour les organismes de sécurité sociale et ses effets sur la qualité de vie au travail.

VII. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement a été travaillé avec le syndicat Active-FNEAPL.

Il propose d’expérimenter, pendant trois ans et dans trois régions, un taux réduit de cotisation patronale d’assurance maladie pour les entreprises des branches qui financent, par accord collectif étendu, une activité physique régulière et encadrée de leurs salariés, en dehors du temps de travail.

Les arrêts maladie constituent aujourd’hui un enjeu majeur, à la fois pour la soutenabilité de la sécurité sociale et pour la performance économique des entreprises. Dans le même temps, la sédentarité coûte au moins 17 milliards d’euros par an à la collectivité selon le ministère chargé des sports. L’activité physique régulière est l’un des leviers de prévention les plus efficaces et les moins coûteux pour y répondre. Ciblée sur la cotisation d’assurance maladie, la mesure complète la modulation existante des cotisations accidents du travail et maladies professionnelles.

Cette rédaction tient compte des débats en commission des affaires sociales.

D’une part, le dispositif est mesurable : l’accord de branche fixe des objectifs chiffrés et des indicateurs, dont l’évolution des jours d’arrêt maladie indemnisés ; le bénéfice du taux réduit est subordonné à leur transmission annuelle et suspendu si les engagements ne sont pas tenus ; l’évaluation remise au Parlement compare les branches et régions expérimentatrices à des branches et régions témoins.

D’autre part, le dispositif protège les salariés : le recours est libre, aucune donnée individuelle n’est transmise à l’employeur, et ni la participation, ni le non-recours, ni les arrêts de travail ne peuvent fonder une décision relative à la rémunération, à l’évaluation, à une sanction ou à la rupture du contrat. Il ne s’agit pas de contrôler les absences, mais de financer la prévention.

Cet amendement prolonge la proposition de loi transpartisane portée par Stéphane Viry et cosignée par Jean-Carles Grelier, créant le Compte Individuel Active (CIA). Inspiré du compte personnel de formation, le CIA permettrait aux branches de financer au moins 500 € par an et par salarié pour une pratique régulière encadrée par un éducateur sportif titulaire d’une carte professionnelle, sur la base d’un double volontariat des branches et des salariés. Il offre aux TPE et PME un levier simple et concret pour améliorer la santé et le bien-être de leurs collaborateurs.

Son sort

Examen
En séance publique
Sort décidé le

Auteur

Cyrille Isaac-Sibille Dem

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002346
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211