amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 2338
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En clair
Béatrice Bellay a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 15 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
Après l’article L. 6114‑2 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 6114‑2-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 6114‑2‑1. – Lorsqu’un projet de mutualisation de fonctions ou d’activités, de regroupement ou de recomposition de l’offre entre plusieurs établissements bénéficie d’un financement, d’une aide à l’investissement ou d’une aide en trésorerie de l’assurance maladie, notamment au titre du fonds mentionné à l’article 40 de la loi n° 2000‑1257 du 23 décembre 2000 de financement de la sécurité sociale pour 2001 ou du fonds mentionné à l’article L. 1435‑8, l’attribution de ce financement est subordonnée à une évaluation préalable de ses conséquences prévisibles sur les conditions de travail des professionnels concernés.
« Cette évaluation porte notamment sur les effectifs, l’organisation du travail, les horaires, les temps de trajet, les mobilités géographiques et fonctionnelles et l’évolution des métiers, ainsi que sur l’impact environnemental des déplacements supplémentaires induits. Elle est communiquée aux instances représentatives du personnel de chacun des établissements concernés, qui sont consultées préalablement à la mise en œuvre du projet.
« Un premier bilan des effets constatés est présenté à ces mêmes instances à l’issue de la première année de mise en œuvre, puis un second à l’issue de la deuxième année. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Les réorganisations territoriales et les mutualisations de fonctions entre établissements se multiplient, encouragées par les pouvoirs publics et adossées à des leviers financiers de plus en plus explicites : conditionnement des aides en trésorerie et des aides à l’investissement à des engagements d’efficience territoriale.
Le PLFSS 2027 accentue ce mouvement. Il attend 0,9 milliard d’euros d’« efforts d’efficience »
des établissements sanitaires et médico-sociaux, fixe à 411 millions d’euros la participation de l’assurance maladie au fonds pour la modernisation et l’investissement en santé (article 40) et crée, à son article 39, un intéressement financier des EHPAD et des services autonomie à domicile à l’efficience, sur des objectifs qui pourront être communs avec les établissements de santé d’un même territoire. Aucun de ces leviers ne comporte d’indicateur relatif aux conditions de travail.
Ces réorganisations ne sont pas abstraites. Elles concernent la restauration, la blanchisserie, la logistique, les achats, les systèmes d’information, la biologie, l’imagerie et la pharmacie. Derrière ces intitulés, il y a des agents de restauration, des agents de blanchisserie, des magasiniers, des techniciens de laboratoire, des manipulateurs, des préparateurs, des personnels administratifs et logistiques. Pour eux, une mutualisation signifie très concrètement un changement de site, un allongement des trajets, une modification des horaires, parfois un changement de métier. Ces déplacements supplémentaires ont enfin un coût environnemental, que l’évaluation doit également mesurer.
Or ces mutualisations sont aujourd’hui pilotées par des indicateurs exclusivement économiques — coût moyen de la journée alimentaire, coût moyen du kilogramme de linge livré, coût moyen des examens — sans qu’aucune évaluation de leur impact social ne soit exigée, et sans que les instances représentatives du personnel des établissements concernés soient nécessairement associées en amont.
Le présent amendement ne s’oppose à aucune coopération : celles-ci doivent être soutenues lorsqu’elles améliorent la qualité des prises en charge. Il pose une exigence de méthode simple : lorsque de l’argent de l’assurance maladie finance une réorganisation, l’effet de cette réorganisation sur celles et ceux qui effectueront le travail doit être évalué avant, communiqué aux instances, et vérifié après, dès la première année de mise en œuvre, afin de pouvoir corriger rapidement les effets non prévus.
Cette exigence ne se substitue pas aux prérogatives des comités sociaux et économiques et des comités sociaux d’établissement, qui peuvent déjà être consultés sur les projets modifiant les conditions de travail. Elle les complète sur trois points : elle attache l’évaluation au financement accordé par l’assurance maladie, elle porte sur l’ensemble des établissements concernés et non sur chacun isolément, et elle prévoit une vérification des effets constatés après la mise en œuvre.
C’est aussi une mesure d’efficacité. Les réorganisations conduites sans association des professionnels échouent plus souvent, coûtent plus cher qu’annoncé et dégradent l’attractivité d’établissements qui peinent déjà à recruter. L’évaluation préalable n’est pas un frein à la transformation : elle en est la condition de réussite.
Auteurs 16
- SOC 15
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002338
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211