amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 2233

Béatrice Bellay SOC · Après l'article 10

En clair

Béatrice Bellay a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 15 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Après l’article L. 6116‑3 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 6116‑4 ainsi rédigé :

« Art. L. 6116‑4. –  I. – Dans les établissements et services mentionnés à l’article L. 6111‑1 du présent code et à l’article L. 312‑1 du code de l’action sociale et des familles gérés par une personne morale à caractère lucratif appartenant à un groupe ou à une holding, le comité social et économique a droit à la communication annuelle des comptes consolidés du groupe, des comptes des entités concourant directement ou indirectement à la gestion de l’établissement ou du service, ainsi que de l’état des flux financiers entre ces entités.

« II. – Ces documents sont mis à disposition dans la base de données économiques, sociales et environnementales. Ils peuvent faire l’objet d’une expertise diligentée par l’instance, dont le coût est pris en charge par l’employeur.

« III. – Le refus de communication est passible des sanctions prévues en cas d’entrave au fonctionnement des instances représentatives du personnel. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

En 2022, nos élu·es négociaient la révision complète des grilles de rémunération dans la branche lucrative de la santé. En face d’eux, des directions expliquaient que les établissements étaient en déficit. Ils n’avaient aucun moyen de vérifier.

C’est de cette impasse qu’est né tout notre travail sur la financiarisation. En réunissant les alertes de nos équipes puis en consultant les cabinets d’expertise-comptable mobilisés par nos élu·es, la Fédération a découvert non pas un ou deux dispositifs, mais au moins une dizaine de montages organisés autour des cliniques : facturation de services, sociétés satellites, prestations internes, loyers versés à des sociétés liées. Tous ces mécanismes avaient un point commun : ils étaient hors du champ d’action possible des représentant·es du personnel.

Cette situation n’est pas un déséquilibre d’information. C’est une asymétrie organisée. Les instances représentatives ont accès aux comptes de l’entité qui les emploie — précisément l’échelon où le résultat peut être présenté comme déficitaire. Elles n’ont pas accès à l’échelon où la valeur remonte. On leur demande donc de négocier des salaires sur la base d’un document dont chacun sait qu’il ne dit qu’une partie de la vérité.

La commission d’enquête de l’Assemblée nationale a recommandé, en juin 2026, d'octroyer des droits nouveaux aux salarié·es et à leurs représentant·es face aux opérations financières. Le présent amendement en constitue la traduction la plus simple et la moins coûteuse pour les finances publiques : il ne crée aucune administration, il n’exige aucun contrôle supplémentaire de l’État, il donne un droit de regard à ceux qui sont déjà sur place.

Les élu·es du personnel sont, dans les faits, les seuls contrôleurs présents en permanence dans les établissements. Les priver des comptes du groupe revient à désarmer le dispositif de contrôle le plus efficace et le moins onéreux dont dispose la collectivité.

Auteurs 16

Béatrice Bellay SOC

Les 15 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002233
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211