amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 1583

Marie-Pierre Rixain EPR · Après l'article 24

En clair

Marie-Pierre Rixain a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – L’article L. 2122‑6 du code de la santé publique est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Dans le cadre de ce parcours, un entretien post interruption spontanée de grossesse est systématiquement proposé à la femme dans les quatre semaines suivant l’interruption spontanée de grossesse. Réalisé par un médecin ou une sage-femme, cet entretien a pour objet d’évaluer son état de santé physique et psychique, de l’informer et de repérer ses éventuels besoins en matière de suivi médical ou d’accompagnement psychologique. Il permet, le cas échéant, de l’orienter vers une prise en charge adaptée. »

II. – Après le 1° de l’article L. 160‑9 du code de la sécurité sociale, il est inséré un 1° bis ainsi rédigé :

« 1° bis Les frais d’examens prescrits en application du troisième alinéa de l’article L. 2122‑6 du code de la santé publique ; »

III. – Les modalités d’application du présent article sont déterminées par décret.

IV. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

La loi n° 2023-567 du 7 juillet 2023 visant à favoriser l’accompagnement psychologique des femmes victimes de fausse couche a constitué une avancée importante en instituant un parcours spécifique, mis en œuvre par les agences régionales de santé depuis le 1er septembre 2024. Ce dispositif vise notamment à améliorer le suivi médical des femmes, à faciliter leur accès à un accompagnement psychologique et à systématiser leur information.

Toutefois, si cette loi a posé les fondements d’une meilleure prise en charge, elle ne prévoit pas qu’un entretien de suivi soit systématiquement proposé après une interruption spontanée de grossesse. L’organisation du parcours ne garantit donc pas, à elle seule, l’existence d’un temps d’échange consacré à l’évaluation de l’état de santé physique et psychique des femmes et à l’identification de leurs éventuels besoins.

Selon une étude de l’INED publiée en août 2026, entre 10 % et 14 % des grossesses se terminent par une fausse couche et 22 % des femmes âgées de 40 à 49 ans en ont déjà vécu au moins une. Parmi les femmes ayant déjà été enceintes, près d’une sur quatre a ainsi été confrontée à cet événement.

Cette même étude met par ailleurs en évidence un décalage persistant entre les besoins exprimés par les femmes et les soins qui leur sont proposés. Les témoignages recueillis font notamment état d’un manque d’information sur les suites de la fausse couche, de difficultés d’accès à un soutien psychologique et, dans certains cas, de l’absence de suivi médical après l’événement.

C’est ainsi que les répercussions d’une interruption spontanée de grossesse demeurent insuffisamment prises en considération, alors qu’elles peuvent affecter durablement la santé mentale des femmes et nécessiter un accompagnement adapté. Le repérage précoce des difficultés éventuelles constitue, à cet égard, un enjeu essentiel de prévention, afin d’éviter que des troubles ne s’installent ou ne s’aggravent faute d’une prise en charge appropriée.

Le présent amendement entend donc compléter la loi du 7 juillet 2023 en prévoyant que toute femme confrontée à une fausse couche se voie systématiquement proposer, dans les quatre semaines suivant son déclenchement, un entretien avec un médecin ou une sage-femme.

Cette consultation permettra d’évaluer les suites physiques et psychologiques de l’interruption de grossesse, de répondre aux interrogations de la patiente et de lui délivrer une information claire sur les conséquences possibles de cet événement ainsi que sur les dispositifs d’accompagnement existants. Il s’agit ainsi de garantir aux femmes un suivi attentif, respectueux de leur situation et de leurs besoins, tout en leur donnant les moyens de prendre des décisions éclairées concernant leur santé.

Autrice

Marie-Pierre Rixain EPR

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N001583
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211