amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 336
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En clair
Louise Morel a déposé cet amendement le 14 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Après l’article L. 315‑1 du code de la sécurité sociale, il est inséré un article L. 315‑1-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 315‑1-1. – Le service du contrôle médical mentionné à l’article L. 315‑1 met en œuvre un dispositif de repérage, fondé sur le croisement des données de facturation des professionnels de santé, des situations dans lesquelles un même assuré s’est vu prescrire des arrêts de travail par un nombre de médecins différents, au cours d’une période donnée, révélant une probabilité significative d’usage abusif.
« Les situations ainsi repérées font l’objet d’un examen individualisé par le service du contrôle médical, qui apprécie si la pluralité de prescripteurs procède d’un motif médical légitime — notamment en cas de pathologie complexe, de mobilité géographique contrainte ou de changement de médecin traitant — ou si elle traduit un comportement abusif.
« Ce dispositif ne peut donner lieu à aucune décision automatisée de suspension ou de réduction des indemnités journalières. Il ne peut fonder une sanction qu’à l’issue de l’examen individualisé mentionné au deuxième alinéa et dans le respect du contradictoire.
« Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, précise les modalités d’application du présent article, notamment le seuil de prescripteurs et la période de référence retenus, ainsi que les garanties apportées au secret médical, à la liberté de choix du praticien par le patient et à la continuité des soins. »
II. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale résultant du I est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales a utilement renforcé les outils de détection et de sanction des fraudes aux indemnités journalières — encadrement des arrêts prescrits par télémédecine, meilleure information des employeurs lorsqu'une fraude est caractérisée. Ces avancées interviennent cependant, par construction, une fois la fraude déjà établie.
Or plus de 13 000 assurés se sont vu prescrire un arrêt de travail par au moins cinq médecins généralistes libéraux différents au cours de la seule année 2024 — un indice statistique de nomadisme médical qui, sans constituer en soi la preuve d'un usage abusif, justifie un examen systématique.
Le présent amendement dote le service du contrôle médical d'un outil de repérage fondé sur les données de facturation déjà collectées par l'assurance maladie, afin d'identifier ces situations et de les soumettre à un examen individualisé — en amont, avant que la fraude ne soit caractérisée.
Le dispositif est strictement encadré : aucune sanction automatique, examen individualisé maintenu, garanties explicites pour le secret médical, la liberté de choix du praticien et la continuité des soins.
Autrice
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N000336
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211