amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-667

Mickaël Bouloux SOC · Article 58

En clair

Mickaël Bouloux a déposé cet amendement le 22 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Formations supérieures et recherche universitaire−6 000 000 €−6 000 000 €
Vie étudiante0 €0 €
Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires+6 000 000 €+6 000 000 €
Recherche spatiale0 €0 €
Recherche dans les domaines de l'énergie, du développement et de la mobilité durables0 €0 €
Recherche et enseignement supérieur en matière économique et industrielle0 €0 €
Enseignement supérieur et recherche agricoles0 €0 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Amendement du rapporteur spécial Mickaël Bouloux visant à doter l'Institut Paul-Emile Victor des moyens nécessaires à son fonctionnement (+6 millions d'euros en AE=CP)

Le présent amendement vise à renforcer le budget de la recherche polaire française afin de lui permettre d’exercer ses missions d’intérêt général et de mettre en œuvre les annonces du « One Planet Polar Summit » de novembre 2023.

À l’heure où les différentes puissances réinvestissent massivement l’Arctique et l’Antarctique, il est primordial que la France assume son ambition polaire. Les annonces du « One Planet Polar Summit » reprenaient les mesures défendues par plus de 300 parlementaires à travers la proposition de loi de programmation polaire pour les années 2024 à 2030, traduction budgétaire de la stratégie polaire rédigée par l’ambassadeur Olivier Poivre d’Arvor et unanimement saluée par les acteurs de la recherche. À travers elle, la France renoue avec son histoire de grande nation engagée dans l’exploration et la préservation de ces espaces du bout du monde, perpétuée aujourd’hui par les héritiers de Dumont d’Urville, de Charcot et de Paul-Émile Victor.

L’Institut polaire français Paul-Émile Victor est l’opérateur national chargé de mettre en œuvre les recherches scientifiques françaises dans les régions polaires et subpolaires. Il soutient en moyenne 80 projets par an, dont 25 systèmes d’observation labellisés, et exploite un réseau d’infrastructures unique couvrant l’ensemble du gradient polaire, de la station AWIPEV au Svalbard aux districts subantarctiques, jusqu’à Dumont d’Urville et la station franco-italienne Concordia.

Or sa subvention pour charges de service public est demeurée inchangée depuis 2021, à 16,5 millions d’euros, tandis que l’inflation de l’énergie et du fret maritime creusait un déficit devenu structurel. Les conséquences sont désormais opérationnelles : l’Institut a dû supprimer une rotation de l’Astrolabe et réduire de 60 % le nombre de scientifiques envoyés en Antarctique, tandis que sa capacité d’autofinancement, de 0,4 million d’euros, ne couvre pas le quart de ses besoins d’investissement courants.

L’année 2027 marque un tournant. Au 1er janvier, les missions et les personnels de l’Institut seront transférés à l’Ifremer, intégration qui avait été expressément conditionnée à un rebasage budgétaire de la future direction polaire. Deux facteurs aggravent encore le besoin de financement : la dissolution du groupement d’intérêt public fait perdre 0,4 million d’euros de contributions annuelles, et le coût de l’énergie doublera, passant de 1,6 à 3,2 millions d’euros.

Le budget initial 2027 fait ainsi apparaître un déficit prévisionnel de l’ordre de 6 millions d’euros. D’où une demande de rebasage de la subvention de 5 millions d’euros et un relèvement du plafond d’emploi de 14 équivalents temps plein, dont douze répondent à une obligation juridique : à la suite d’un audit de l’Agence du service civique, l’Institut a été mis en demeure de transformer en contrats à durée déterminée des postes de volontaires qui occupaient en réalité des fonctions techniques à fortes responsabilités.

Sans ce rebasage, l’infrastructure ne sera plus en capacité d’assurer le soutien de la recherche scientifique en Arctique, en subantarctique et en Antarctique, mettant en péril le leadership français et la présence de la France dans ces régions. Les enjeux sont donc financiers, scientifiques et stratégiques.

Cette hausse est gagée par une baisse à due proportion du programme 150 pour satisfaire aux règles de recevabilité budgétaire.

Auteur

Mickaël Bouloux SOC

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P2D1N000667
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210