amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-78

Émilie Bonnivard DR · Après l'article 77

En clair

Émilie Bonnivard a déposé cet amendement le 12 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Après l'article 77, insérer l'article suivant :

I. – Il est créé un fonds exceptionnel de souveraineté viticole et d’assainissement des marchés, doté de 50 millions d'euros, destiné à financer des opérations de destruction subventionnée des plants invendus chez les pépiniéristes viticoles français. ».

II. – L’octroi de cette aide exceptionnelle est conditionné à la mise hors marché définitive des plants excédentaires afin de stabiliser les cours, de purger les surstocks nés de la crise de décapitalisation du vignoble, et de préserver l’outil de production et le savoir-faire de la pépinière nationale. Les modalités de calcul de l’indemnisation par millier de plants détruits ainsi que les critères d’éligibilité des exploitations sont fixés par décret.

III. – La perte de recettes pour l’État est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement tire les conséquences budgétaires de la crise structurelle profonde qui frappe la viticulture française et, par ricochet, le premier maillon de sa chaîne : la pépinière viticole.

En raison des vagues d'arrachage définitif de vignobles sur l'ensemble du territoire national pour lutter contre la surproduction de vin, les pépiniéristes viticoles se retrouvent face à un effondrement brutal et inédit de leurs débouchés. Au cours des trois dernières années, entre 9 % et 23 % des plants produits en France sont restés invendus, représentant un stock mort de près de 50 millions de plants.

Cette accumulation dramatique de surstocks s'est produite en dépit des efforts massifs de régulation de la filière, qui a pourtant réduit de 50 % ses volumes de greffage. Cet effort d'anticipation n'a pas suffi à compenser la rapidité du recul des surfaces viticoles nationales, asphyxiant la trésorerie des exploitations et menaçant directement la survie d'un savoir-faire végétal unique au monde.

À l'instar des mécanismes de crise appliqués à la filière aval (comme l'aide à la distillation d'urgence), le présent amendement propose la création d'un dispositif d'aide exceptionnelle dédié au financement de la destruction des plants invendus. En indemnisant les pépiniéristes pour la mise au rebut et le recyclage de ces volumes excédentaires, l'État permet d'assainir durablement le marché du matériel végétal et d'empêcher un effondrement généralisé des cours qui détruirait définitivement notre outil de production.

Cet amendement propose ainsi l'ouverture d'une enveloppe de 50 millions d'euros indexée sur un barème d'indemnisation de 1 € par plant, permettant de solder les 50 millions de plants en surstock accumulés. Cette enveloppe, calibrée de manière rationnelle sans créer d'effet d'éviction, garantit le sauvetage de l'amont agricole.

Cette mesure de sauvegarde financière, imputée sur les crédits de la mission "Agriculture", est indispensable pour maintenir le potentiel productif de nos pépinières. Assurer leur pérennité économique en 2027, c'est garantir que la France disposera encore demain des plants nécessaires pour renouveler ses vignobles et défendre sa souveraineté viticole face aux concurrents internationaux.

Autrice

Émilie Bonnivard DR

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P2D1N000078
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210