amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-753

Matthias Renault RN · Après l'article 49

En clair

Matthias Renault a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Le code général des impôts est ainsi modifié :

1° L’article 1622 est abrogé ;

2° La section V quinquies du chapitre III du titre III de la deuxième partie du livre premier est abrogée ;

3° Les deux derniers alinéas du II de l’article 1613 quater sont abrogés.

II. – La perte de recettes résultant du 1° du I pour les organismes de sécurité sociale est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à la taxe sur les transactions financières prévue à l’article 235 ter ZD du code général des impôts.

III. – La perte de recettes résultant du 2° du I pour la Caisse nationale de l’assurance maladie est compensée, à due concurrence, par la majoration de la taxe de solidarité additionnelle prévue à l’article L. 862‑4 du code de la sécurité sociale.

IV. – La perte de recettes résultant du 3° du I pour la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole est compensée, à due concurrence, par la majoration de la contribution sur les boissons contenant des sucres ajoutés prévue à l’article 1613 ter du code général des impôts.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

La France compte 258 prélèvements obligatoires de nature fiscale juridiquement distincts. Dix suffisent à produire 77,0 % des recettes, vingt en produisent 86,9 %. À l’inverse, 148 dispositifs – soit 57 % de l’ensemble – pèsent 0,67 % du produit fiscal ; quand vingt-deux ne rapportent rien.

Cette prolifération n’est pas un accident mais un procédé organisé de détournement. Créer une taxe affectée permet de financer une politique publique sans ouvrir de crédits, donc sans se soumettre à la norme de dépense. Sur 258 prélèvements, 190 sont affectés à un tiers. Moins d’un quart des taxes à faible rendement reviennent au budget général.

Le contribuable paie deux fois : l’impôt, puis sa complexité. Trente-huit collecteurs spécialisés, des calendriers déclaratifs éclatés sur toute l’année, 63 % de la charge supportée par les entreprises. Côté administration, la gestion des « impôts divers » mobilise 1 165 agents à temps plein à la seule direction générale des finances publiques – une proportion qui augmente. Certaines lignes ont un rendement annuel inférieur au salaire de l’agent chargé d’en suivre l’exécution.

Afin de rétablir l’intelligibilité de la loi fiscale, condition du consentement à l’impôt posée à l’article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, le présent amendement vise à supprimer les 5 prélèvements suivants :

– contribution forfaitaire des organismes assureurs au fonds commun des accidents du travail agricole (article 1622 du code général des impôts ; 3,9 M€ attendus en 2026) : suppression sèche ;

– contribution forfaitaire des organismes participant à la gestion du régime d’assurance des accidents du travail des exploitants agricoles (même article ; produit compris dans le montant précédent) : suppression sèche ;

– droits perçus au profit de la Caisse nationale de l’assurance maladie sur les demandes relatives aux produits de santé (articles 1635 bis AE à 1635 bis AH du code général des impôts ; 76,8 M€ attendus en 2026) : suppression et rattachement à la taxe de solidarité additionnelle aux cotisations d’assurance maladie complémentaire, dont la majoration, à due concurrence, compense la perte de recettes pour la Caisse nationale de l’assurance maladie ;

– taxe annuelle due par les laboratoires de biologie médicale (mêmes articles ; produit compris dans le montant précédent) : suppression et rattachement à la taxe de solidarité additionnelle aux cotisations d’assurance maladie complémentaire, dans les mêmes conditions ;

– contribution sur les boissons non alcooliques, tarif applicable aux boissons contenant des édulcorants de synthèse (2° du II de l’article 1613 quater du code général des impôts ; 84,0 M€ attendus en 2026) : suppression et rattachement à la contribution sur les boissons contenant des sucres ajoutés, dont la majoration, à due concurrence, compense la perte de recettes pour la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole ;

Pour les prélèvements rattachés, le gage n’est pas conventionnel : la majoration de l’imposition d’accueil est réelle et son produit supplémentaire revient à l’organisme qui perd la ressource, de sorte qu’une ligne de prélèvement disparaît sans que les recettes publiques diminuent. Il n’est pas demandé au Gouvernement de lever ce gage. Pour les prélèvements supprimés sans rattachement, la perte de recettes est compensée par la création d’une taxe additionnelle à la taxe sur les transactions financières.

Pour le reliquat, le gage sur les accises du tabac est quant à lui purement formel, le Gouvernement est appelé à le lever.

Auteur

Matthias Renault RN

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 6 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N000753
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210