amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° I-555
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En clair
Danielle Brulebois a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas été soutenu en séance publique le 19 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Avant la dernière ligne du tableau de l’alinéa 2, insérer la ligne suivante :
Prélèvement sur les recettes de l’État au titre de la compensation aux collectivités territoriales des pertes de recettes dues à la réforme de la liquidation de la taxe d’aménagement
300 000 000
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Le présent amendement a pour objet de remédier aux effets indésirables de la réforme de la taxe d'aménagement, qui fragilisent à la fois les finances des collectivités territoriales et l'existence des Conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE), en compensant auprès des Départements leurs pertes de recettes.
Le transfert de la liquidation des taxes d'urbanisme des directions départementales des territoires vers la direction générale des finances publiques a entraîné un niveau de liquidation anormalement faible et de graves dysfonctionnements dans la collecte de cette fiscalité locale, comme l'a relevé le rapport d'information de David Amiel et Christine Pires Beaune de juin 2025. Cette perte de recettes menace les politiques locales d'aménagement et de préservation de l'environnement. Dans le Jura, où les CAUE accompagnent au quotidien nos communes rurales dans leurs projets, je tiens à saluer l'engagement de leurs équipes, dont l'expertise est reconnue.
La baisse de l'activité de construction et le changement du fait générateur peuvent expliquer des écarts de recettes, mais ceux-ci sont si considérables qu'ils ne peuvent relever que de dysfonctionnements qu'il convient de corriger, d'autant que l'absence d'impact financier pour les collectivités avait été avancée lors de l'adoption de la réforme. Selon les estimations de Départements de France, la chute de recettes atteindrait 540 millions d'euros entre 2024 et 2025 pour les seuls Départements, dont 300 millions d'euros au moins s'expliqueraient raisonnablement par ces dysfonctionnements. Pour la seule année 2025, le reversement moyen de la part départementale de la taxe d'aménagement a reculé de 43,8 % par rapport à 2024, et de 61,4 % par rapport à la moyenne de 2021 à 2023.
La conjoncture économique ne peut justifier une telle perte, qui, compte tenu de la situation déjà très dégradée des finances départementales, met en péril les politiques financées par cette taxe, notamment la préservation de l'environnement et des paysages, et conduit déjà à la liquidation de certains CAUE.
Dans un communiqué du 29 janvier 2025, le ministère de l'Économie et des Finances reconnaissait des difficultés de collecte et affirmait que les sommes dues seraient recouvrées et reversées. Dans une réponse à une question écrite en mai 2026, le Gouvernement admettait lui-même que le nouveau processus avait rencontré « d'importantes difficultés opérationnelles » à l'origine de retards préjudiciables. À ce jour, ni le montant ni le calendrier de ces recouvrements ne sont précisés, et aucune mesure de soutien transitoire n'est annoncée. Cette absence de transparence, pour une anomalie qui dure depuis près de deux ans, nuit à la confiance des collectivités dans la parole de l'État, alors qu'il s'agit d'une recette qui leur est légalement due.
Cette situation est grave, et révélatrice de l'état de la décentralisation : des collectivités privées d'autonomie fiscale dépendent de décisions d'un État qui ne communique pas ses données. Les missions des collectivités, notamment en matière de biodiversité, comme celles des CAUE, n'ont pas à être mises en danger par une réforme fiscale mal anticipée et affectée de dysfonctionnements dans sa mise en œuvre.
C'est pourquoi des mesures correctives doivent être prises d'urgence. Cet amendement propose de réparer cette situation anormale en compensant auprès des Départements les pertes de recettes, ce qui leur permettra notamment de soutenir les CAUE en difficulté du fait de la moindre perception de la taxe d'aménagement.
Son sort
- Examen
- En séance publique
- Sort décidé le
Les 10 amendements identiques, discutés avec lui
- N° I-10 · Vincent Descoeur Adopté
- N° I-33 · Pierre Cordier Non soutenu
- N° I-328 · Virginie Duby-Muller Non soutenu
- N° I-1111 · Nicolas Ray Adopté
- N° I-1249 · Christelle Minard Non soutenu
- N° I-1688 · Ian Boucard Non soutenu
- N° I-2205 · Catherine Hervieu Adopté
- N° I-2653 · Véronique Besse Non soutenu
- N° I-3376 · Sophie Pantel Adopté
- N° I-3542 · Tristan Lahais Adopté
Autrice
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3210P1D1N000555
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210