amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-214

Danielle Brulebois EPR · Après l'article 26

En clair

Danielle Brulebois a déposé cet amendement le 7 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – L’avant-dernier alinéa du III de l’article 1519 F du code général des impôts est supprimé.

II. – La perte de recettes pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement a pour objet de supprimer la modification de l'article 1519 F du code général des impôts prévue par l'article 76 de la loi de finances pour 2026.

Applicable au 1er janvier 2027, cet article instaure une majoration de l'IFER, sous la forme d'une hausse temporaire de 7,54 € par kilowatt et par an pour les installations photovoltaïques mises en service avant le 1er janvier 2021. Le montant de l'IFER applicable à ces installations passerait ainsi de 8,51 € à 16,05 € par kilowatt-crête, soit une augmentation de 88 %. Dans le Jura, de nombreux agriculteurs, artisans et collectivités ont investi dans des installations photovoltaïques sur leurs toitures, et je tiens à saluer leur engagement en faveur de la transition énergétique et de notre souveraineté énergétique.

Comme l'ont souligné les exposés des motifs des amendements de suppression adoptés à l'Assemblée nationale lors de l'examen du texte au début de l'année 2026, cette mesure, de nature rétroactive, aurait des conséquences économiques et industrielles particulièrement lourdes pour la filière solaire, qui supporte déjà une fiscalité de deux à six fois plus élevée que celle des autres modes de production d'énergie décarbonée.

Doubler l'IFER photovoltaïque reviendrait en effet à envoyer un signal très négatif aux investisseurs, nationaux comme internationaux, et à compromettre durablement le financement des infrastructures énergétiques en France. Cela fragiliserait l'équilibre économique de nombreuses centrales en exploitation et détériorerait les ratios bancaires de projets existants, dont certains pourraient se retrouver en situation de défaut, avec une baisse estimée entre 10 et 15 % des revenus nets disponibles pour le service de la dette. Cela mettrait enfin en danger l'emploi dans une filière qui représente près de 60 000 emplois directs et indirects sur le territoire.

Cette mesure rétroactive me paraît injustifiée et mal calibrée. Elle vise sans considération économique toutes les installations mises en service avant 2021, dont les modèles économiques ont été construits sur un cadre fiscal différent, et pour lesquelles la signature de l'État était considérée comme fiable.

C'est pourquoi cet amendement propose de supprimer cette disposition, afin de préserver la sécurité juridique et la prévisibilité fiscale, la confiance des investisseurs, qu'ils soient professionnels ou citoyens, la stabilité économique des installations existantes, ainsi que la cohérence de l'action publique en matière de transition énergétique et de politique industrielle.

Autrice

Danielle Brulebois EPR

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N000214
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210