amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF701

Jean-Philippe Tanguy RN · Article 74

En clair

Jean-Philippe Tanguy a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Le dispositif

ARTICLE 74

I. - Supprimer cet article.

II. - La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement du groupe Rassemblement national vise à supprimer l’article 74, qui gèle en 2027 la prime d’activité et les paramètres de dépenses de logement des aides personnelles au logement (APL).

Le Gouvernement choisit de ne pas revaloriser, au 1er avril 2027, le complément de revenu de quelque 4,5 millions de foyers de travailleurs modestes, alors que l’inflation s’est établie, selon ses propres prévisions, à 2,1 % en 2026. Le gel de la prime d’activité constitue donc une baisse de pouvoir d’achat en termes réels pour des salariés et des indépendants rémunérés autour du SMIC. Dans le même temps, l’exposé des motifs précise que l’ensemble des minima sociaux – revenu de solidarité active, allocation aux adultes handicapés, allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation de solidarité spécifique – seront revalorisés sur l’inflation. Le message adressé aux Français est sans ambiguïté : les prestations de ceux qui ne travaillent pas sont indexées, celles de ceux qui travaillent sont gelées.

Cette orientation contredit frontalement l’intitulé de l’article 2 du présent projet de loi, qui prétend « soutenir le travail ». On ne soutient pas le travail en rognant, à hauteur de 332 millions d’euros, la prestation précisément conçue pour que l’activité demeure toujours plus rémunératrice que l’inactivité.

Le gel des paramètres de dépenses de logement des APL au 1er octobre 2027, pour 101 millions d’euros, frappe quant à lui les locataires modestes et les étudiants, dont les loyers continueront d’augmenter au rythme de l’indice de référence des loyers sur lequel ces paramètres sont normalement indexés. Le décrochage entre l’aide et le loyer réel, déjà creusé par le gel de 2018 et la sous-indexation à 0,3 % de 2019 et 2020, s’aggravera encore. Le second alinéa, qui permet de rétablir les revalorisations par simple décret, confirme enfin le caractère arbitraire de la mesure.

L’économie attendue, 433 millions d’euros, n’a rien de nécessaire. Le groupe Rassemblement national propose, par d’autres amendements, des économies d’un montant très supérieur qui ne pèsent pas sur les Français qui travaillent : la suppression de l’aide médicale d’État et la réduction de l’aide publique au développement. Le redressement des comptes publics ne saurait commencer par les travailleurs les plus modestes ni par les locataires les plus fragiles. C’est pourquoi il convient de supprimer cet article.

Auteur

Jean-Philippe Tanguy RN

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000701
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210