Réponse publiée

question orale sans débat

Mobilisation répétée de certains équipements sportifs parisiens pour répondre aux besoins d'hébergement d'urgence

Catherine Dumas Les Républicains · Sénat · 17e législature · n° 1291

Ministère interrogé
Ville et Logement
Réponse du ministère
Aménagement du territoire et décentralisation
Rubrique
Logement et urbanisme

En clair

Question orale sans débat de Catherine Dumas, publiée au Journal officiel le 15 oct. 2026. Réponse publiée le 21 oct. 2026, 6 jours plus tard.

Délai de réponse
6 joursmédiane 20 jours, questions orales sans débat du Sénat

La question

Mme Catherine Dumas interroge M. le ministre de la ville et du logement sur la mobilisation répétée de certains équipements sportifs parisiens pour répondre aux besoins d'hébergement d'urgence. Elle rappelle que la situation de l'hébergement d'urgence à Paris demeure particulièrement tendue et que la mise à l'abri des personnes vulnérables constitue un impératif de solidarité, auquel les collectivités contribuent également. Elle observe toutefois que la mobilisation répétée ou prolongée d'équipements sportifs peut affecter la continuité des activités scolaires, associatives et sportives, et souligne la nécessité de concilier ces différents besoins dans l'intérêt de tous. Elle cite, à titre d'exemple, le gymnase Roquépine, dans le 8e arrondissement, qui, après avoir été mobilisé au cours de l'été 2026, doit à nouveau être fermé à compter du 26 octobre 2026 et jusqu'aux vacances de Noël. Cet équipement accueille plus de 150 heures d'activités chaque semaine et revêt une importance particulière dans un arrondissement disposant d'un nombre limité d'infrastructures sportives. Elle mentionne également d'autres exemples parisiens, comme le gymnase Fédération dans le 15e arrondissement, le gymnase Montherlant dans le 16e arrondissement, ou encore le gymnase Biancotto dans le 17e arrondissement. Elle constate que ces situations illustrent la difficulté de répondre à l'urgence sociale tout en préservant les équipements sportifs indispensables à la vie des quartiers. Elle ajoute que chaque personne doit pouvoir bénéficier d'une mise à l'abri digne et adaptée, et que les gymnases ne constituent pas nécessairement des solutions appropriées lorsque les besoins d'hébergement s'inscrivent dans la durée. Elle précise que l'hébergement d'urgence relève principalement de la responsabilité de l'État, tout en saluant l'engagement des collectivités et de leurs partenaires associatifs pour répondre aux situations de détresse. Elle souhaite donc savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre, en lien avec la Ville de Paris et les mairies d'arrondissement, pour renforcer les capacités d'hébergement d'urgence et favoriser le recours à des locaux mieux adaptés. Elle lui demande également comment améliorer l'anticipation et la concertation avec les collectivités et les associations utilisatrices, afin de concilier au mieux la mise à l'abri des personnes vulnérables et la continuité des activités scolaires, associatives et sportives.

La réponse

M. le président. La parole est à Mme Catherine Dumas, auteure de la question n° 1291, adressée à M. le ministre de la ville et du logement.

Mme Catherine Dumas. Madame la ministre, à Paris, l'hébergement d'urgence est sous tension. Mettre les personnes les plus vulnérables à l'abri est en effet une nécessité absolue. Je tiens à saluer l'engagement des associations et des collectivités qui oeuvrent chaque jour en ce sens. Toutefois, face à une urgence qui dure, les réponses ponctuelles ne suffisent plus : nous avons besoin de solutions pérennes.

Faute de capacités d'hébergement suffisantes, la Ville de Paris est contrainte de mobiliser régulièrement des gymnases. Ces équipements, indispensables à la vie sportive, scolaire et associative de nos quartiers, ne sont pas adaptés à un hébergement prolongé.

Le gymnase Roquépine, dans le VIIIe arrondissement de Paris, en est une illustration très concrète. Déjà mobilisé cet été, il doit de nouveau fermer du 26 octobre jusqu'aux vacances de Noël, alors que plus de 150 heures d'activité y ont lieu chaque semaine, dans un arrondissement déjà peu doté en équipements sportifs.

Cette préoccupation est partagée par l'ensemble des maires d'arrondissement à Paris, qu'il s'agisse de Catherine Lécuyer dans le VIIIe, de Philippe Goujon dans le XVe, de Jérémy Redler dans le XVIe ou de Geoffroy Boulard dans le XVIIe.

Madame la ministre, comment le Gouvernement entend-il développer une offre d'hébergement pérenne à la hauteur des besoins ? L'État peut-il garantir à la Ville de Paris que les maires d'arrondissement seront associés à la préparation et à l'organisation des mises à l'abri, et ce, bien sûr, en amont ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Françoise Gatel, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation. Madame la sénatrice, votre question est d'importance et je comprends votre demande que les maires d'arrondissement soient associés à la mise en oeuvre d'un plan d'urgence. Cela dépend toutefois de la Ville de Paris.

Vous évoquez des situations météorologiques exceptionnelles, les canicules qui ont frappé beaucoup de villes de France et qui ont nécessité l'activation d'un plan pour faire face à la canicule, après le plan Grand froid cet hiver.

Le parc d'hébergement spécialisé comprend aujourd'hui dans notre pays 203 000 places ouvertes en moyenne sur l'année. Le Gouvernement travaille à renforcer ces capacités d'hébergement en privilégiant des locaux mieux adaptés que ceux que vous évoquez.

L'hiver dernier, l'intense séquence froide s'est étendue de Noël au 11 janvier, les gelées ayant été continues. Grâce à la mobilisation des services de l'État, en lien avec les collectivités territoriales et les associations, que je remercie - vous les avez d'ailleurs évoquées -, un ensemble de mesures de prévention ont été déployées, notamment des mises à disposition ponctuelles de gymnases, comme vous l'indiquez.

L'utilisation des gymnases a représenté 5 % des moyens mobilisés, mais nous avons dû ouvrir 7 716 places d'hébergement supplémentaires, dans 76 départements. Nous avons également élargi les moyens de maraude et les capacités d'écoute.

Nous avons rencontré les mêmes difficultés cet été, vous l'avez dit, du fait de la survenue d'une vague de chaleur inédite, qui a duré cinquante-trois jours. Au total, soixante-douze départements ont été placés en vigilance rouge canicule. Nous avons constaté une augmentation significative du nombre de décès cet été liés à la canicule et un besoin accru de solutions d'hébergement.

Le ministre du logement, vous le savez, travaille de son côté pour que l'État fasse ce qu'il lui revient de faire, en proximité avec les collectivités, afin d'anticiper les crises que nous connaissons : nous allons devoir activer le plan Grand froid cet hiver et sans doute un plan canicule l'été prochain.

M. le président. La parole est à Mme Catherine Dumas, pour la réplique.

Mme Catherine Dumas. Merci, madame la ministre, de votre réponse.

J'ai bien noté que le Gouvernement travaille pour anticiper les crises, mais, si nous sommes tous d'accord, je tiens à le redire dans cet hémicycle, sur la nécessité de mettre les personnes les plus vulnérables à l'abri, bien sûr, nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une gestion de l'urgence sans une solution durable.

Les élus de Paris demandent donc des capacités d'hébergement pérennes et l'association des maires d'arrondissement aux décisions, ainsi qu'à la préparation. La solidarité - je pense que vous en serez d'accord - ne peut se limiter à l'urgence, madame la ministre : elle doit s'organiser dans la durée.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Sénat)
SEQ26101291S
Ministère interrogé (source)
1079