question au Gouvernement
Situation du Groenland
- Ministère interrogé
- Premier ministre
- Réponse du ministère
- Francophonie, partenariats internationaux et Français de l'étranger
- Rubrique
- Affaires étrangères et coopération
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En clair
Question au Gouvernement d'Hélène Conway-Mouret, posée en séance le 22 janv. 2026.
La question
M. le président. La parole est à Mme Hélène Conway-Mouret, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Mme Hélène Conway-Mouret. Ce n'est pas la moindre des surprises que l'actualité et sans doute une partie du devenir des relations euro-américaines se jouent à propos d'un territoire dont Buffon, Lacordaire et Michelet ont, chacun à leur façon, décrit la rudesse et, pour tout dire, le total déplaisir des marins à l'aborder : le Groenland, « cette côte de fer d'aspect impitoyable où le noir granit escarpé ne garde pas même la neige. [...] Cette terre désolée, qui nous cache le pôle ».
S'il y a mille façons d'appréhender ce que la crise actuelle révèle de nous-mêmes et de nos alliés, ce qui se joue au Groenland, c'est à la fois la concurrence stratégique sur les minerais critiques et le contrôle d'une militarisation progressive, qui affecte directement la sécurité de l'Europe et les équilibres au sein de l'Otan.
La fonte accélérée des glaces, qui a des effets globaux sur les courants et donc sur les côtes européennes, ouvre de nouvelles routes maritimes. L'Arctique devient ainsi une région où se reconfigurent les équilibres géopolitiques.
Madame la ministre, à l'heure où la France et l'Europe cherchent à sécuriser l'existence de chaînes d'approvisionnement autonomes, cette crise ne nous offre-t-elle pas l'occasion de mener une réflexion stratégique européenne spécifique sur l'accès aux terres rares, essentielles pour notre transition énergétique, dans des conditions d'extraction compatibles avec nos standards environnementaux et sociaux ?
Tels sont bien les enjeux : au-delà de la promotion d'une gouvernance arctique fondée sur le droit international, la science et la préservation des écosystèmes sont en cause.
Madame la ministre, pouvez-vous nous assurer de l'existence d'une solidarité réelle et de notre désir collectif de construire, grâce à cette crise, une politique européenne de l'Arctique à laquelle seront sensibles la Suède, la Finlande, mais aussi l'Islande et la Norvège ? Ces deux derniers pays pourraient y trouver prétexte pour ouvrir une procédure d'adhésion, donnant ainsi raison à Jean Monnet, qui estimait que « l'Europe se ferait dans les crises, et qu'elle serait la somme des solutions apportées à ces crises. » (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
La réponse
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger.
Mme Eléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. Madame la sénatrice, je vous remercie d'avoir rappelé les enjeux derrière la crise actuelle autour du Groenland.
Vous avez raison, les enjeux sont stratégiques. La souveraineté est européenne, groenlandaise et danoise, et l'engagement de la France est total.
Vous avez également raison, l'Arctique mérite une réflexion approfondie. Pour cette raison, avant même que le sujet n'apparaisse dans l'actualité, nous avions pris la décision d'ouvrir un consulat à Nuuk - il ouvrira le 6 février prochain. Cette décision, justement motivée par les enjeux stratégiques que vous évoquez, a précédé la crise actuelle. Vous connaissez l'importance de notre réseau diplomatique et consulaire et l'attachement que nous lui portons - je connais votre engagement pour les Françaises et les Français de l'étranger.
Cette crise doit évidemment nous permettre d'agir en Européens et d'apporter des réponses concertées. Nous l'avons dit, et le Président de la République l'a encore rappelé hier : nous préférerons toujours le dialogue et le respect au rapport de force, mais lorsqu'il s'agira de défendre notre souveraineté et la souveraineté européenne, nous répondrons évidemment présents et serons au rendez-vous, notamment en ce qui concerne nos approvisionnements critiques. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Sources et données
- La question sur le site du Sénat (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur le site du Sénat (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Sénat)
- SEQ26010655G
- Ministère interrogé (source)
- 1095