question au Gouvernement
Avenir de la filière automobile
- Ministère interrogé
- Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- Réponse du ministère
- Porte-parole du Gouvernement et Énergie
- Rubrique
- Économie et finances, fiscalité
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En clair
Question au Gouvernement de Dimitri Doussot, posée en séance le 15 oct. 2026.
La question
M. le président. La parole est à M. Dimitri Doussot, pour le groupe Les Républicains.
M. Dimitri Doussot. À l'occasion du salon mondial de l'automobile, je souhaiterais interroger le Gouvernement sur l'avenir de la filière automobile en France. Comme vous le savez, dans notre pays, celle-ci emploie 350 000 salariés et crée une valeur ajoutée de 30 milliards d'euros.
Durant l'été dernier, les grands groupes allemands ont annoncé des plans sociaux historiques. La France, pour l'instant, semble épargnée. Pour différentes raisons, les voyants financiers des grands groupes français sont au vert pour 2026. Stellantis s'est également engagée à préserver l'ensemble des usines de notre pays et a annoncé un plan de 1 400 emplois supplémentaires.
Jusqu'à quand ? En effet, les causes des difficultés de l'industrie automobile européenne sont connues : électrification à marche forcée et concurrence chinoise effrénée.
Cependant, lundi dernier, le Président de la République, lors de sa visite au salon mondial de l'automobile à Paris, a annoncé la signature prochaine d'un accord avec l'Allemagne. Pourriez-vous nous donner des précisions sur le contenu de cet accord, sur les mesures qui sont envisagées ? Surtout, pouvez-vous nous assurer que le Gouvernement est véritablement en ordre de bataille pour défendre l'industrie automobile française avant qu'il n'y ait plus rien à protéger ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
La réponse
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement, chargée de l'énergie.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement et chargée de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur, je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser mon collègue Sébastien Martin, retenu par d'autres obligations, mais qui demeure pleinement mobilisé.
Je vous confirme que le Gouvernement est en ordre de bataille. Sébastien Martin était hier encore au salon mondial de l'automobile, aux côtés de toute la filière, dont vous avez fait une juste description. Face au choc chinois, que vous avez également évoqué, avec une capacité de 55 millions de véhicules pour un marché intérieur susceptible d'en absorber moins de 30 millions, la réponse doit évidemment être globale et européenne.
L'accord que nous finalisons avec l'Allemagne porte sur la future législation européenne sur l'accélérateur industriel. Son principe, important, est simple : l'argent public, qu'il s'agisse des aides ou de la commande publique, doit aller à des véhicules au contenu réellement européen.
La France et l'Allemagne partaient d'approches différentes ; en les faisant converger, nous voulons débloquer la négociation à Bruxelles. C'est une étape importante, qui compléterait l'accord conclu vendredi entre l'Union européenne et la Chine visant à plafonner les importations de véhicules hybrides chinois. C'est une urgence pour toute la filière.
La préférence européenne, la France l'applique déjà : nos aides comportent une surprime pour les véhicules dont le moteur et la batterie sont européens. Les voitures fabriquées en France bénéficient du tiers des bonus pour un quart du marché électrique, et les véhicules chinois n'en touchent aucun. Avec la R5 et le pôle électrique de Renault dans le Nord, notre production a progressé de 140 000 véhicules en 2025.
Le cabinet de Sébastien Martin reste bien évidemment à votre disposition pour continuer d'échanger et vous tenir informé de la suite des négociations sur l'ensemble des accords.
M. le président. La parole est à M. Dimitri Doussot, pour la réplique.
M. Dimitri Doussot. Des mesures fortes devront impérativement être prises dans les meilleurs délais.
Pour illustrer la situation, cette année, au salon mondial de l'automobile, il y avait, sur soixante-cinq exposants, vingt-quatre constructeurs chinois, soit 37 %. En 2024, ils n'étaient que sept.
Il nous faut donc nous mobiliser tous ensemble pour que cet événement demeure un salon mondial et ne devienne pas un salon chinois. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Sources et données
- La question sur le site du Sénat (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur le site du Sénat (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Sénat)
- SEQ26101003G
- Ministère interrogé (source)
- 1066