question écrite
Délabrement du Muséum national d'histoire naturelle de Paris
- Ministère interrogé
- Transition écologique, biodiversité et négociations internationales sur le climat et la nature
- Attribuée à
- Enseignement supérieur, recherche et espace
- Rubrique
- Environnement
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En clair
Question écrite d'Yannick Jadot, publiée au Journal officiel le 7 mai 2026. Aucune réponse publiée après 182 jours.
La question
M. Yannick Jadot attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur la situation particulièrement alarmante du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) de Paris.
Avec ses 3,6 millions de visiteurs annuels, le MNHN est le quatrième musée le plus visité de France. Il abrite l'une des trois plus grandes collections naturalistes mondiales avec près de 68 millions de spécimens et constitue un acteur scientifique de premier rang sur les questions d'écologie et de biodiversité. Pourtant, l'établissement est aujourd'hui dans un état de délabrement qui compromet gravement ses missions d'intérêt général.
Les visiteurs ont déjà pu le constater : plusieurs espaces sont fermés depuis des années, comme la galerie de minéralogie, close à 90 %, et le pavillon des reptiles, évacué depuis 2018. Chaque fois, ces bâtiments fermés sont autant de connaissances non diffusées et de revenus en moins pour l'institution. Sur 120 bâtiments, 150 projets d'urgence ont été identifiés et près des trois quarts de ce patrimoine sont aujourd'hui fortement dégradés, contre déjà 35 % en moyenne pour les bâtiments de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Les conséquences sont multiples et particulièrement préoccupantes : fissures, affaissements du bâti, moisissures et infiltrations d'eau menaçant les collections, bibliothèques endommagées, non-respect de certaines normes environnementales et fermetures prolongées au public. Les conditions de travail sont fortement dégradées pour le personnel et les chercheurs : absence d'isolation, ventilation défaillante, températures extrêmes et installations obsolètes. Ces dysfonctionnements fragilisent la conservation de spécimens, affectent la qualité de la recherche et nuisent à l'attractivité internationale de l'établissement, qui peine à retenir et attirer chercheurs et talents. Alors que le Jardin des plantes célèbre ses 400 ans, il est urgent d'agir. En 2027, le fonds de roulement du Muséum sera « épuisé », et il ne restera plus que la part de l'État. Les besoins sont considérables puisque les travaux d'urgence sont estimés à 500 millions d'euros et à 1,1 milliard d'euros pour une remise aux normes complète des bâtiments.
À l'heure où les crises climatiques s'intensifient, le Muséum contribue à documenter, comprendre et préserver le patrimoine naturel, tout en éclairant nos choix face aux enjeux écologiques. En particulier dans un contexte où la parole scientifique est fragilisée, son rôle dans la formation de l'esprit critique est plus que jamais essentiel. Il apparaît donc indispensable que la puissance publique prenne pleinement mesure de la situation. Pour toutes ces raisons, il souhaiterait connaître quel plan d'urgence de financement le Gouvernement, via les ministères de tutelle concernés, entend mettre en oeuvre pour assurer la survie du Muséum et garantir sa pérennité, à la hauteur des enjeux écologiques et scientifiques qu'il porte.
Sources et données
- La question sur le site du Sénat (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur le site du Sénat (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Sénat)
- SEQ260508672
- Ministère interrogé (source)
- 1099