question écrite
Prévention de la myopie en France
- Ministère interrogé
- Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
- Rubrique
- Questions sociales et santé
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En clair
Question écrite d'Hugues Saury, publiée au Journal officiel le 5 mars 2026. Réponse publiée le 2 juil. 2026, 119 jours plus tard.
- Délai de réponse
- 119 joursmédiane 126 jours, questions écrites du Sénat
La question
M. Hugues Saury attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la progression préoccupante de la myopie, en particulier chez les enfants et les adolescents.
Selon de nombreuses études épidémiologiques nationales et internationales, la prévalence de la myopie ne cesse d'augmenter depuis plusieurs années, au point que certains experts évoquent désormais un enjeu majeur de santé publique. L'Organisation mondiale de la santé estime qu'à l'horizon 2050, près de la moitié de la population mondiale pourrait être concernée par un trouble myopique, avec un risque accru de complications sévères telles que le décollement de rétine, le glaucome ou la dégénérescence maculaire.
En France, les professionnels de santé observent une augmentation significative des diagnostics précoces, notamment chez les enfants d'âge scolaire. L'exposition croissante aux écrans, la diminution du temps passé à l'extérieur et l'intensification des activités en vision rapprochée sont régulièrement identifiées comme des facteurs aggravants. Cette évolution soulève des inquiétudes tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique, en raison du coût croissant des équipements optiques et des prises en charge associées.
Si des campagnes ponctuelles de sensibilisation existent, il souhaite savoir si le Gouvernement envisage l'élaboration d'une stratégie nationale dédiée à la prévention de la myopie, et quelles mesures concrètes pourraient être mises en oeuvre afin de renforcer la prévention chez les jeunes publics, d'améliorer le dépistage précoce en milieu scolaire et d'accompagner les professionnels de santé face à l'ampleur croissante de ce phénomène.
La réponse
Le dépistage précoce des troubles de la vision est un enjeu important du développement de l'enfant. Le nouveau carnet de santé de l'enfant, disponible pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2025, a intégré de nouvelles recommandations sanitaires qui tiennent compte des évolutions sociétales. Il réunit tous les évènements qui concernent la santé de l'enfant, depuis sa naissance, et aborde la prévention des troubles sensoriels, que sont la vue et l'audition. En effet, un examen des yeux est réalisé dans les 8 jours qui suivent la naissance de l'enfant et est répété au cours des 20 examens obligatoires de l'enfant, détaillés dans ce carnet. De plus, l'introduction d'un nouvel examen obligatoire à 6 ans, âge de l'entrée à l'école primaire, est une opportunité supplémentaire pour évaluer un éventuel trouble et renforcer la prévention. De même, le bilan de santé en école maternelle est également une occasion supplémentaire pour dépister les troubles sensoriels. Ces examens réguliers de la vue permettent de détecter tôt des signes de myopie. Aussi, le carnet de santé prodigue de nombreux conseils aux parents, notamment autour de la prévention de la myopie. En effet, il attire la vigilance des parents sur d'éventuels signes pouvant nécessiter une consultation auprès d'un ophtalmologiste. Cette vigilance des parents permet d'orienter rapidement vers un spécialiste pour une éventuelle prise en charge et la prescription d'un dispositif de freination. Concernant l'enjeu particulier de l'exposition aux écrans, le carnet de santé comporte également plusieurs recommandations relatives au bon usage des écrans, notamment sur la base des conclusions issues du rapport de la commission « Enfants et écrans » publié en avril 2024. Y figurent notamment les conseils de non-exposition aux écrans avant 3 ans puis, entre 3 et 6 ans, d'un usage occasionnel, limité à des contenus éducatifs et accompagné par un adulte (voir la page 24 du carnet). Dès 3 mois et jusqu'à l'âge adulte, des questions concernant l'exposition et l'utilisation des écrans seront posées lors des examens obligatoires de santé, afin d'accompagner l'évolution des usages. Ces conseils permettent, notamment, de préserver les enfants des effets négatifs des écrans sur la vue. En complément, la stratégie nationale sur l'usage raisonné des écrans par les jeunes intègre des messages de prévention à la destination des parents (site internet jeprotegemonenfant.gouv.fr), pour limiter l'impact des écrans sur la vision de leur enfant. A titre d'exemple, y sont encouragées les activités à l'extérieur pour protéger les enfants de la myopie. Par ailleurs, la direction générale de la santé oeuvre à alerter au niveau européen sur les effets des écrans sur la santé oculaire, en lien avec les recommandations du rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) publié en avril 2019 : « Effets sur la santé humaine et sur l'environnement (faune et flore) des diodes électroluminescentes (LED) ». L'ensemble de ces actions de prévention et de dépistage concourent à prévenir les troubles de la vision, dont la myopie.
Sources et données
- La question sur le site du Sénat (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur le site du Sénat (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Sénat)
- SEQ260307940
- Ministère interrogé (source)
- 1072