Réponse publiée

question écrite

Fraudes au système d'immatriculation des véhicules et recouvrement de taxes indûment mises à la charge d'entreprises victimes

Fabien Genet Les Républicains · Sénat · 17e législature · n° 7772

Ministère interrogé
Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Réponse du ministère
Intérieur
Rubrique
Économie et finances, fiscalité

En clair

Question écrite de Fabien Genet, publiée au Journal officiel le 19 févr. 2026. Réponse publiée le 17 sept. 2026, 210 jours plus tard.

Délai de réponse
210 joursmédiane 126 jours, questions écrites du Sénat

La question

M. Fabien Genet attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les conséquences fiscales des usurpations d'habilitation au système d'immatriculation des véhicules (SIV), qui conduisent des entreprises de l'automobile juridiquement reconnues comme victimes à se voir réclamer des taxes et malus automobiles correspondant à des certificats d'immatriculation frauduleusement émis via leurs accès détournés.
À la suite de prises de contrôle frauduleuses de leurs comptes professionnels, des garages habilités se voient imputer l'émission de certificats d'immatriculation fictifs. Les taxes correspondantes - taxe régionale prévue à l'article 1599 quindecies du code général des impôts et malus automobile prévu à l'article 1011 bis du même code - sont ensuite mises en recouvrement par la direction générale des finances publiques, alors même que ces entreprises n'ont réalisé aucune des opérations en cause et ont déposé plainte sans délai.
Les montants réclamés peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, soit parfois l'équivalent du chiffre d'affaires annuel de ces très petites entreprises (TPE) et petites et moyennes entreprises (PME) de proximité. En pratique, pour contester ces créances, les entreprises doivent former une réclamation et solliciter un sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales. Ce dispositif, limité dans le temps, ne les protège pas durablement tant qu'aucune décision pénale définitive n'est intervenue. Elles demeurent donc exposées à une reprise du recouvrement, alors même que la fraude résulte du détournement d'un téléservice public dont la sécurisation relève de l'État.
Cette situation crée un risque réel de cessation d'activité pour des entreprises pourtant victimes d'une fraude numérique.
Il lui demande alors si le Gouvernement entend prévoir la suspension durable des procédures de recouvrement jusqu'à l'issue définitive des procédures pénales lorsqu'une entreprise établit avoir été victime d'une usurpation de son accès au SIV, mettre en place un mécanisme exceptionnel de neutralisation fiscale ou d'indemnisation des créances indûment mises à sa charge, et préciser les conditions dans lesquelles l'État assumera sa responsabilité au titre des défaillances de sécurisation du service public numérique.

La réponse

Depuis 2018, le plan préfectures nouvelle génération (PPNG) a simplifié les démarches d'immatriculation et réduit les délais d'obtention des certificats. Toutes les demandes sont désormais dématérialisées, effectuées par les propriétaires ou par des professionnels de l'automobile habilités. Ces professionnels accèdent directement au Système d'immatriculation des véhicules (SIV) après habilitation préfectorale. Ils représentent aujourd'hui 67 % des demandes d'immatriculation. L'ouverture du SIV à des tiers a toutefois créé un risque de fraude externe. Aussi, depuis 2017, des référents fraude et des outils numériques de lutte contre la fraude ont été mis en place. Le ministère de l'intérieur a observé une évolution des schémas frauduleux, passant de la petite délinquance à des réseaux organisés. Face à ce constat, le ministère de l'intérieur a renforcé son action en déployant une politique coordonnée et active de lutte contre la fraude. Un plan ministériel de lutte contre la fraude à l'immatriculation a ainsi été élaboré en mai 2025. Ce plan comporte 31 mesures centrées sur l'identification, la détection, les mesures correctives et les enquêtes administratives ou judiciaires. En 2025, les conditions d'habilitation au SIV ont été durcies pour les professionnels (enquête administrative, existence légale et activité réelle d'au moins 1 an de l'entreprise…). En 2026, le portail de France titres a mis en place la double authentification. Par ailleurs, avec la promulgation de la loi RIPOST du 18 août 2026, les déclarations mensongères réalisées dans le SIV seront sévèrement punies et la circulation du véhicule faussement déclaré interdite. Les actions menées ont montré leur efficacité, mais un nouveau plan d'actions plus ambitieux est lancé pour sécuriser encore davantage la délivrance des certificats d'immatriculation. Le ministère poursuit également les travaux visant à sécuriser les habilitations des professionnels et les procédures d'accompagnement des victimes.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Sénat)
SEQ260207772
Ministère interrogé (source)
1066